Il existe un
moyen simple de juger de la sincérité des prétentions sociales
de l’extrême droite :
observer ce qu’elle fait du droit de grève, des syndicats et des salaires dès
qu’elle obtient du pouvoir. Comme le montre la note de la Fondation
Jean-Jaurès, derrière les discours sur le pouvoir d’achat et la défense du
« peuple », le constat est partout le même.
Les premières
cibles ne sont jamais la rente, la spéculation ou les profits excessifs. Ce
sont les travailleurs à travers leurs organisations. De la tronçonneuse sociale
et de la criminalisation des piquets de grève de Javier Milei en Argentine aux
attaques de Giorgia Meloni en Italie, la feuille de route est internationale.
Derrière la comédie du « parti des opprimés », l’internationale
réactionnaire est au service d’un même système : un capitalisme débridé et
destructeur.
Ce que
préparent Marine Le Pen et Jordan Bardella n’a rien d’une exception
française. C’est le décalque des méthodes éprouvées par leurs alliés. D’abord, asphyxier l’action
collective. Partout où elle touche au pouvoir,
l’extrême droite restreint le droit de grève, assèche le financement des
organisations de salariés et laisse faire les violences.
En France, le Rassemblement national (RN) déroule la même logique : suppression des
subventions aux confédérations, restriction du droit de grève, expulsions.
Ensuite, c’est la dérégulation au profit du patronat. La stratégie de choc
déployée en Argentine fait école : faire sauter les conventions
collectives, privilégier le gré à gré dans l’entreprise et saboter le Code du
travail sous couvert de « liberté d’entreprendre ».
Enfin,
détourner la solidarité et miner l’action collective par la division. Le
stratagème consiste à désigner le travailleur immigré ou le gréviste comme
responsable de la crise, pendant que les profiteurs du système engrangent les
dividendes.
En votant à
l’Assemblée contre la hausse du Smic, contre l’indexation des salaires sur
l’inflation et pour la baisse des cotisations patronales, les députés
lepénistes ont confirmé leur alignement patronal. L’extrême droite au pouvoir,
c’est la garantie d’un choc autoritaire et antisocial.

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