De la Casa
Rosada à la place Murillo, les présidences d’extrême
droite et néoconservatrices tremblent, en
Amérique latine. Le scandale Fernando Cerimedo grippe la dynamique
réactionnaire du Mexique à la Terre de Feu.
L’Argentin, qui
susurre à l’oreille des dirigeants ultradroitiers, est sous le coup d’une
nouvelle inculpation pour lien présumé avec le narcotrafic, après avoir été
placé sous les verrous pour avoir commandité le féminicide de son ex-maîtresse.
Cette sordide affaire aurait pu en rester là si la victime, qui a
miraculeusement survécu aux tirs des sicaires, n’avait pas décidé de parler.
Fernando
Cerimedo est un personnage clé de l’architecture communicationnelle des
extrêmes droites qui, à coups de fake news et de thèses complotistes, a radicalement bouleversé
le paysage politique du continent. On retrouve ce Raspoutine des réseaux
sociaux dans l’ascension du libertarien Javier Milei.
C’est lui aussi
qui contribue à polir l’image désastreuse de Jair Bolsonaro au Brésil pour s’adjuger le vote homonationaliste. Il
intrigue encore au côté de l’homme de paille de Donald Trump au Honduras, Nasry
Asfura, au moment de la présidentielle.
Il est
également derrière l’armée de trolls qui tente discréditer la présidente de gauche
du Mexique, Claudia Sheinbaum. Jusqu’à son arrestation, il jouissait du statut
de conseiller particulier du chef d’État bolivien Rodrigo Paz, chantre du « capitalisme
pour tous ». Dans ce pays ravi à la gauche, il tremperait dans des
transactions douteuses de carburant et d’or.
Désinformation,
fermes de bots, campagnes sales contre les dirigeants de gauche… L’influenceur
est l’un des visages de la machine de guerre digitale de l’extrême droite pour
jeter l’opprobre sur ses opposants et conquérir le pouvoir.
Cette affaire
tentaculaire fait tache, à moins d’une semaine de la tenue du Foro Madrid,
grand-messe de l’internationale fasciste « ibero-américaine » qui se
réunit au Chili, symbole de leurs triomphes électoraux sur le camp
progressiste. La rhétorique antisystème et anticorruption dont abusent ses
leaders en croisade contre le « castrochavisme » vient de prendre un
sacré coup.

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