jeudi 27 août 2026

« L’Argentin, qui susurre à l’oreille des dirigeants ultradroitiers », l’éditorial de Cathy Dos Santos



De la Casa Rosada à la place Murillo, les présidences d’extrême droite et néoconservatrices tremblent, en Amérique latine. Le scandale Fernando Cerimedo grippe la dynamique réactionnaire du Mexique à la Terre de Feu.

L’Argentin, qui susurre à l’oreille des dirigeants ultradroitiers, est sous le coup d’une nouvelle inculpation pour lien présumé avec le narcotrafic, après avoir été placé sous les verrous pour avoir commandité le féminicide de son ex-maîtresse. Cette sordide affaire aurait pu en rester là si la victime, qui a miraculeusement survécu aux tirs des sicaires, n’avait pas décidé de parler.

Fernando Cerimedo est un personnage clé de l’architecture communicationnelle des extrêmes droites qui, à coups de fake news et de thèses complotistes, a radicalement bouleversé le paysage politique du continent. On retrouve ce Raspoutine des réseaux sociaux dans l’ascension du libertarien Javier Milei.

C’est lui aussi qui contribue à polir l’image désastreuse de Jair Bolsonaro au Brésil pour s’adjuger le vote homonationaliste. Il intrigue encore au côté de l’homme de paille de Donald Trump au Honduras, Nasry Asfura, au moment de la présidentielle.

Il est également derrière l’armée de trolls qui tente discréditer la présidente de gauche du Mexique, Claudia Sheinbaum. Jusqu’à son arrestation, il jouissait du statut de conseiller particulier du chef d’État bolivien Rodrigo Paz, chantre du « capitalisme pour tous ». Dans ce pays ravi à la gauche, il tremperait dans des transactions douteuses de carburant et d’or.

Désinformation, fermes de bots, campagnes sales contre les dirigeants de gauche… L’influenceur est l’un des visages de la machine de guerre digitale de l’extrême droite pour jeter l’opprobre sur ses opposants et conquérir le pouvoir.

Cette affaire tentaculaire fait tache, à moins d’une semaine de la tenue du Foro Madrid, grand-messe de l’internationale fasciste « ibero-américaine » qui se réunit au Chili, symbole de leurs triomphes électoraux sur le camp progressiste. La rhétorique antisystème et anticorruption dont abusent ses leaders en croisade contre le « castrochavisme » vient de prendre un sacré coup.

 

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