samedi 1 août 2026

Fabien Gay, directeur de « L’Humanité » : en hommage à Jean Jaurès, préparons l’avenir




Le 31 juillet 1914, Jean Jaurès était assassiné. Ses combats, d’une brûlante actualité, sont notre héritage. L’existence et le développement de « L’Humanité » en tant que journal libre et indépendant des puissances de l’argent sont un enjeu fondamental.

À la terrasse du Café du Croissant, le 31 juillet 1914, Jean Jaurès est assassiné. Trois jours plus tard, l’Europe s’embrase. Ce jour, comme chaque année, le journal l’Humanité rend hommage à son fondateur. Son assassin pensait faire taire une voix. Mais ce qu’il voulait faire disparaître, c’était bien davantage : la conviction que les peuples peuvent choisir un autre avenir que celui qu’on leur présente comme inévitable.

Cent douze ans plus tard, les fatalistes ont changé de visage, mais portent toujours le même discours : il n’y aurait pas d’alternative. Il faudrait accepter la guerre. Accepter les inégalités. Accepter la montée de l’extrême droite. Accepter l’uniformisation de la pensée et de l’information au profit des tenants du capital. Plus d’un siècle nous sépare de ce soir de juillet. Et pourtant, il suffit d’ouvrir un journal, d’écouter les informations, de regarder le monde tel qu’il est pour comprendre que les questions posées par Jaurès n’ont rien perdu de leur actualité.

Jean Jaurès, toute sa vie, a refusé la résignation. Ce refus s’est transformé en une lutte, qui demeure notre héritage. Il faisait déjà le constat que la presse était détenue par la bourgeoisie. Plus que jamais, ce combat est d’une cruelle actualité. La concentration des médias dans les mains de multimillionnaires réactionnaires est un désastre pour notre démocratie et un danger pour le pluralisme de la presse. L’équilibre, la nuance, la confrontation d’idées et les faits sont effacés au profit de la désinformation et de l’émotion. Le pluralisme de la presse est pourtant consubstantiel de la démocratie et doit être garanti. Il n’existe pas de démocratie complète sans citoyens éclairés. La presse a donc un rôle majeur à jouer, et sa liberté doit être assurée par l’État, sans souffrir d’aucune pression.

Dans ce contexte, et depuis sa création par Jaurès, notre existence et notre développement en tant que journal libre et indépendant des puissances de l’argent sont un enjeu fondamental. Dans son sillon, notre but est donc de poursuivre et d’amplifier la bataille des idées, préalable à toute victoire électorale durable, de lutter contre une guerre idéologique et culturelle menée par l’extrême droite.

Les politiques ultralibérales de ces dernières années ont fragilisé les fondements de notre société, ont abîmé la classe ouvrière et populaire, lasse de subir, de perdre des droits sous le coup des attaques des libéraux. Nous vivons un point de bascule, un point de rupture. Tout le combat politique de Jaurès visait l’avènement d’une république sociale et du pacifisme. Deux concepts inextricables, qui s’alimentent, deux objectifs toujours à atteindre et d’une lucide actualité.

En ce jour d’hommage, nous célébrons, nous nous remémorons et nous préparons l’avenir. Afin que vive l’Humanité, je vous remercie chaleureusement pour vos soutiens à cette souscription pour faire de la prochaine Fête de l’Humanité une grande réussite.

 

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