Sous nos yeux
se dessine brutalement, en cet été 2026, une préfiguration effrayante de notre
avenir. Le changement climatique est passé des concepts des rapports du Giec à
la réalité du quotidien.
L’air au
souffle infernal les jours interminables de canicule, l’interruption du vol
familier des insectes et des oiseaux, la sécheresse qui rend arides les
paysages et les inondations qui lui succèdent au gré de pluies et grêles
diluviennes. Et, désormais, les feux sans cesse plus
monstrueux, dévastateurs, grands comme
dix fois Paris cette année, et dont la fumée s’est répandue ce week-end du Var,
des Landes et de la Gironde à plus de 500 kilomètres, jusqu’en Auvergne et dans
le Val de Loire.
Lueur d’espoir
au milieu du désastre, le dévouement sans limite des pompiers et des gendarmes
a permis l’évacuation de plus de 200 000 personnes en dépit des conditions
dantesques. Ce mouvement de population, jamais vu en France depuis la défaite
de 1940, a un nom : il s’agit d’un exode climatique, le premier du genre
dans cette ampleur, avec ses colonnes de réfugiés sur les routes abandonnant
tout derrière eux.
Tout cela
serait déjà grave et inquiétant si notre pays était prêt à affronter ces
nouveaux périls. C’est peu de dire qu’il ne l’est pas. À part les masques FFP2,
héritage de la dernière crise sanitaire, la France manque de tout, à commencer
par les avions bombardiers d’eau et les effectifs de soldats du feu
professionnels.
Au-delà, où que
les yeux se tournent, l’inadaptation est globale, conséquence d’un
sous-investissement endémique. On ferme des lits d’hôpitaux ; les
passoires thermiques restent le lot commun des logements, des écoles, des
hôpitaux comme des Ehpad ; la climatisation des lieux publics est
l’exception ; les villes étouffent, faute de moyens pour revoir
l’urbanisme ; le réseau ferré est hors d’âge ; l’électrification du
parc automobile est sans cesse repoussée.

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