Le Mondial ne
s’est pas terminé en beauté pour Gianni Infantino, le bureaucrate en chef du
foot business. Après un refus de jouer – voire une négation du jeu lui-même –
assez unique à ce stade de la compétition, ses chouchous argentins n’ont pas accroché à leur
maillot une quatrième étoile.
Le secret de
Polichinelle a été confirmé par Donald Trump, sorte d’enfant-tyran de
80 ans, lors d’une
conférence de presse : l’Argentine était bien l’équipe préférée du PDG de
la multinationale FIFA. Pour certains, il avait même organisé, façon complot,
le doublé de Lionel Messi entre un arbitrage laxiste avec
la sélection albiceleste (équipe la
moins pénalisée par les juges du jeu) et un programme sur mesure à l’écart de
la fournaise (tous les matchs en soirée ou dans des stades couverts).
Gianni Infantino était même allé jusqu’à autoriser les messages
politiques à cette sélection, à rebours d’une politique certes hautement
hypocrite de l’organisation mais strictement appliquée aux Haïtiens. La bande à
Messi avait donc en poche une banderole déjà déployée lors de sa
demi-finale : « Les Malouines sont argentines ». Elle y est finalement restée.
La clique de la FIFA peut imposer une marche forcée vers le gigantisme (48
équipes, peut-être bientôt 64, trois pays coorganisateurs, hyperinflation du
prix des billets), pas encore l’issue des débats.
La plus grande
compétition du sport le plus populaire au monde produit forcément de la
symbolique politique. La célébration de la victoire de la Roja en Palestine
fonctionne comme un éloquent sous-titre géopolitique.
Le keffieh
brandi par Lamine Yamal il y a quelques mois flottait de façon subliminale dans
le stade de New York et l’attitude de l’Espagne
sur la scène internationale y dominait
comme un halo. Il est rare de pouvoir à la fois se féliciter que justice
sportive ait été faite (l’Espagne a gagné) et se délecter d’un pied de nez de
l’Histoire (Infantino a perdu). La marche du monde n’en est pas forcément
bouleversée. Juste adoucie pour quelques heures. Et, qui sait, cette finale
était peut-être une fable.

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