mardi 21 juillet 2026

« Pied de nez de l’histoire », l'éditorial de Christophe Deroubaix



Le Mondial ne s’est pas terminé en beauté pour Gianni Infantino, le bureaucrate en chef du foot business. Après un refus de jouer – voire une négation du jeu lui-même – assez unique à ce stade de la compétition, ses chouchous argentins n’ont pas accroché à leur maillot une quatrième étoile.

Le secret de Polichinelle a été confirmé par Donald Trump, sorte d’enfant-tyran de 80 ans, lors d’une conférence de presse : l’Argentine était bien l’équipe préférée du PDG de la multinationale FIFA. Pour certains, il avait même organisé, façon complot, le doublé de Lionel Messi entre un arbitrage laxiste avec la sélection albiceleste (équipe la moins pénalisée par les juges du jeu) et un programme sur mesure à l’écart de la fournaise (tous les matchs en soirée ou dans des stades couverts).

Gianni Infantino était même allé jusqu’à autoriser les messages politiques à cette sélection, à rebours d’une politique certes hautement hypocrite de l’organisation mais strictement appliquée aux Haïtiens. La bande à Messi avait donc en poche une banderole déjà déployée lors de sa demi-finale : « Les Malouines sont argentines ». Elle y est finalement restée. La clique de la FIFA peut imposer une marche forcée vers le gigantisme (48 équipes, peut-être bientôt 64, trois pays coorganisateurs, hyperinflation du prix des billets), pas encore l’issue des débats.

La plus grande compétition du sport le plus populaire au monde produit forcément de la symbolique politique. La célébration de la victoire de la Roja en Palestine fonctionne comme un éloquent sous-titre géopolitique.

Le keffieh brandi par Lamine Yamal il y a quelques mois flottait de façon subliminale dans le stade de New York et l’attitude de l’Espagne sur la scène internationale y dominait comme un halo. Il est rare de pouvoir à la fois se féliciter que justice sportive ait été faite (l’Espagne a gagné) et se délecter d’un pied de nez de l’Histoire (Infantino a perdu). La marche du monde n’en est pas forcément bouleversée. Juste adoucie pour quelques heures. Et, qui sait, cette finale était peut-être une fable.

 

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