Il ne leur a
fallu qu’un an. Douze petits mois pour remettre sur la table les dispositions
d’un texte copieusement contesté. À l’été 2025, la loi Duplomb recueillait
contre elle plus de 2 millions
de signatures citoyennes. Un record
historique pour le site de l’Assemblée nationale, deuxième pétition la plus
signée de l’histoire juste derrière celle de « l’Affaire du siècle »,
lancée en 2018 pour
dénoncer l’inaction climatique de la France. Tiens, tiens. Dès lundi, la loi dite d’urgence agricole, copier-coller en
pire de sa prédécesseure, revient à l’Assemblée, puis, le lendemain, au Sénat.
La déconnexion des
enjeux environnementaux, la négation de la gravité de la crise climatique et le
mépris envers les tenants d’une agriculture d’avenir ne sont plus un défaut des
quinquennats Macron. C’est une marque de
fabrique.
Alors que la
France se remet à peine d’une troisième vague
caniculaire en quelques semaines, que les incendies font rage, nourris par la sécheresse chronique des
sols, que les écosystèmes exsangues périclitent sous l’effet du réchauffement
climatique induit par les activités humaines, la représentation nationale
s’apprête à valider un corpus législatif scandaleux, aux antipodes des
objectifs d’atténuation et d’adaptation. Les beaux discours ont fait long feu.
Le bilan s’apprécie à l’action.
Réintroduction
de pesticides tueurs d’abeilles, doublement des objectifs
de stockage d’eau pour
l’agriculture, coup de pouce aux élevages industriels, limitation des recours
citoyens, absence de garanties quant aux revenus des agriculteurs…
La loi
d’urgence agricole, dont les pires dispositions introduites par la
majorité sénatoriale ont été
validées en commission mixte paritaire par la droite et l’extrême droite avec
le consentement du camp présidentiel, est une loi de régression.

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