lundi 20 juillet 2026

« Loi d’urgence agricole : l’agrobusiness couronné », l’éditorial de Marion d’Allard.



Il ne leur a fallu qu’un an. Douze petits mois pour remettre sur la table les dispositions d’un texte copieusement contesté. À l’été 2025, la loi Duplomb recueillait contre elle plus de 2 millions de signatures citoyennes. Un record historique pour le site de l’Assemblée nationale, deuxième pétition la plus signée de l’histoire juste derrière celle de « l’Affaire du siècle », lancée en 2018 pour dénoncer l’inaction climatique de la France. Tiens, tiens. Dès lundi, la loi dite d’urgence agricole, copier-coller en pire de sa prédécesseure, revient à l’Assemblée, puis, le lendemain, au Sénat.

La déconnexion des enjeux environnementaux, la négation de la gravité de la crise climatique et le mépris envers les tenants d’une agriculture d’avenir ne sont plus un défaut des quinquennats Macron. C’est une marque de fabrique.

Alors que la France se remet à peine d’une troisième vague caniculaire en quelques semaines, que les incendies font rage, nourris par la sécheresse chronique des sols, que les écosystèmes exsangues périclitent sous l’effet du réchauffement climatique induit par les activités humaines, la représentation nationale s’apprête à valider un corpus législatif scandaleux, aux antipodes des objectifs d’atténuation et d’adaptation. Les beaux discours ont fait long feu. Le bilan s’apprécie à l’action.

Réintroduction de pesticides tueurs d’abeilles, doublement des objectifs de stockage d’eau pour l’agriculture, coup de pouce aux élevages industriels, limitation des recours citoyens, absence de garanties quant aux revenus des agriculteurs…

La loi d’urgence agricole, dont les pires dispositions introduites par la majorité sénatoriale ont été validées en commission mixte paritaire par la droite et l’extrême droite avec le consentement du camp présidentiel, est une loi de régression.

 

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« Loi d’urgence agricole : l’agrobusiness couronné », l’éditorial de Marion d’Allard.

Il ne leur a fallu qu’un an. Douze petits mois pour remettre sur la table les dispositions d’un texte copieusement contesté. À l’été 2025,...