mercredi 22 juillet 2026

« Ce que révèle la vraie-fausse démission de Monique Barbut », l’éditorial de Laurent Mouloud.



Dans les années 1990, Jean-Pierre Chevènement estimait qu’un ministre « ça ferme sa gueule ou ça démissionne ». Monique Barbut a quelque peu réécrit la maxime. Avec elle, on « menace de démissionner, puis on ferme sa gueule ». Le matin, l’actuelle détentrice du portefeuille de la Transition écologique claironne sa volonté de quitter le gouvernement à la suite de l’adoption de la loi d’urgence agricole.

L’après-midi, après avoir digéré cette énième couleuvre environnementale, elle décide finalement de « poursuivre sa mission », à la demande expresse du président Macron. Le chef de l’État, bien conscient du message dévastateur d’un tel départ en pleine crise caniculaire, a dû se montrer sacrément insistant. Il sauve les apparences – pour un temps. Mais, sur le fond, quel aveu accablant.

Évidemment, cet épisode Barbut dit beaucoup du mépris macronien sur les questions écologiques. Nommée en octobre 2025, l’ancienne présidente du WWF a hérité d’un portefeuille amaigri – sans l’énergie, les transports et le logement – réduisant d’entrée de jeu son influence.

Tenue à l’écart des grandes décisions, elle a passé son mandat à bouillir dans son coin, en comptant les – mauvais – points : enterrement de la loi contre l’artificialisation des sols, développement des méga-bassines, retour de l’acétamipride…

Finalement, le profil « société civile » de Monique Barbut, prétendument recrutée pour ses compétences précises et sans doute de bonne foi, apparaît pour ce qu’il est : un simple alibi dans un gouvernement soumis aux intérêts supérieurs du lobby des pesticides et de l’agrobusiness.

Anecdotique, le maintien de Monique Barbut à son poste ne fera pas illusion. Ces dix dernières années l’ont bien montré : aucune politique écologique ne peut exister dans ce régime macroniste. Allergique au débat démocratique et enfermé dans un relativisme néolibéral qui refuse de prendre la mesure de l’urgence, l’exécutif enchaîne les contretemps et les contresens.

Quitte désormais à tirailler son propre camp. Et à compter, une nouvelle fois, sur les voix complices du RN. Derrière la fausse démission de Monique Barbut, il y a une démission bien réelle : celle de la majorité présidentielle, qui, face au défi climatique, s’obstine à organiser son impuissance.

 

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« Ce que révèle la vraie-fausse démission de Monique Barbut », l’éditorial de Laurent Mouloud.

Dans les années 1990, Jean-Pierre Chevènement estimait qu’un ministre « ça ferme sa gueule ou ça démissionne » . Monique Barbut a quelque ...