Dans les années 1990, Jean-Pierre Chevènement estimait
qu’un ministre « ça ferme sa gueule ou ça démissionne ». Monique Barbut a quelque
peu réécrit la maxime. Avec elle, on
« menace de démissionner, puis on ferme sa gueule ». Le matin,
l’actuelle détentrice du portefeuille de la Transition écologique claironne sa
volonté de quitter le gouvernement à la suite de l’adoption de la loi d’urgence
agricole.
L’après-midi,
après avoir digéré cette énième couleuvre environnementale, elle décide
finalement de « poursuivre sa mission », à la demande expresse
du président Macron. Le chef de l’État, bien conscient du message dévastateur
d’un tel départ en pleine crise caniculaire, a dû se montrer sacrément
insistant. Il sauve les apparences – pour un temps. Mais, sur le fond, quel
aveu accablant.
Évidemment, cet
épisode Barbut dit beaucoup du mépris macronien sur les questions écologiques.
Nommée en octobre 2025, l’ancienne présidente du WWF a hérité d’un portefeuille
amaigri – sans l’énergie, les transports et le logement – réduisant d’entrée de
jeu son influence.
Tenue à l’écart
des grandes décisions, elle a passé son mandat à bouillir dans son coin, en
comptant les – mauvais – points : enterrement de la loi contre
l’artificialisation des sols, développement des méga-bassines, retour de
l’acétamipride…
Finalement, le
profil « société civile » de Monique Barbut, prétendument recrutée
pour ses compétences précises et sans doute de bonne foi, apparaît pour ce
qu’il est : un simple alibi dans un gouvernement soumis aux intérêts
supérieurs du lobby des pesticides et de l’agrobusiness.
Anecdotique, le
maintien de Monique Barbut à son poste ne fera pas illusion. Ces dix dernières
années l’ont bien montré : aucune politique écologique ne peut exister
dans ce régime macroniste. Allergique au débat démocratique et enfermé dans un
relativisme néolibéral qui refuse de prendre la mesure de l’urgence, l’exécutif
enchaîne les contretemps et les contresens.
Quitte
désormais à tirailler son propre camp. Et à compter, une nouvelle fois, sur les
voix complices du RN. Derrière la fausse démission de Monique Barbut, il y a
une démission bien réelle : celle de la majorité présidentielle, qui, face
au défi climatique, s’obstine à organiser son impuissance.
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