mercredi 27 mai 2026

« Réchauffement climatique : Absence de politiques ciblées », l’éditorial de Cathy Dos Santos.



Températures record, chaleurs extrêmes, canicules inédites… Les qualificatifs s’accumulent pour qualifier ces épisodes météorologiques hors normes qui s’enchaînent. Ici, le thermomètre explose ; là-bas, l’eau se tarit ; ailleurs, des pluies dantesques dévastent villes et champs. La crise climatique globale est le miroir grossissant d’un système capitaliste qui surexploite les énergies fossiles, accélère la dégradation des écosystèmes et dope les pollutions. Les personnes vulnérables et les pays pauvres sont les premières victimes d’une course au profit inhumaine et destructrice.

Tous les clignotants ont viré à l’écarlate et pourtant, l’inertie prime. Pire, on cherche à culpabiliser les citoyens qui devraient être les principaux garants de la préservation de la planète. En la matière, la palme du cynisme revient à l’ancienne première ministre Élisabeth Borne, qui s’est crue autorisée à pointer un manque d’engagement des jeunes dans la lutte contre le réchauffement climatique, comme si les conclusions audacieuses de la Convention citoyenne sur le climat n’avaient pas été superbement torpillées par les gouvernements d’Emmanuel Macron.

Pas un mot sur les grandes multinationales prédatrices qui vampirisent les sols, les mers et les océans au mépris de l’environnement, des droits sociaux des travailleurs, des droits humains en général. Rien ou si peu sur l’irresponsabilité des États.

L’absence de politiques ciblées à même d’atténuer les effets du réchauffement climatique tue. Combien de morts faudra-t-il encore pour que les autorités se décident à agir ? En 2021, la France a été condamnée pour son inaction et le non-respect de ses obligations. Une inaction coupable qui hypothèque la vie, l’avenir. Les conséquences sont pourtant terribles sur les plans humain, environnemental et sanitaire, mais également économique.

Sur ce dernier point, les conclusions des travaux du jeune économiste Adrien Bilal sont effarantes. Si rien n’est entrepris pour inverser les logiques à l’œuvre, il pourrait en coûter jusqu’à 50 % du PIB mondial d’ici à 2100. Aux antipodes des paroles creuses et dans un contexte où les climatosceptiques se sentent pousser des ailes, la crise climatique exige des actes forts, courageux, à l’échelle nationale et internationale.

 

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