Les faits
révélés par Libération et Mediapart sur
Sainte-Soline mettent en lumière une
réalité incontestable : l’impunité policière, au sens large (police
et gendarmerie), est une stratégie. Les vidéos documentent des tirs de
grenades illégaux depuis des blindés et identifient leurs auteurs,
contrairement aux affirmations des services de l’État. Face à cela, le ministre
de l’Intérieur, Laurent Nuñez, s’entête et justifie.
Cette dérive
s’inscrit dans une séquence continue de violences contre les mouvements sociaux
depuis les gilets jaunes. Elle se traduit par le silence sur l’affaire Quentin
Deranque à Lyon, laissant
l’extrême droite dérouler sa fable, ou par l’aveuglement volontaire à Espaly-Saint-Marcel
en niant le racisme d’une agression.
Cette brutalité frappe
aussi la jeunesse lors des free parties, ciblées par des armes de désencerclement. Plus grave, l’assouplissement
légal de l’usage des armes de service multiplie les morts pour refus
d’obtempérer. De simples infractions deviennent des condamnations à mort.
Ce régime
d’impunité est un choix politique. Privé de majorité et rejeté par l’opinion,
l’exécutif n’a plus que la violence pour décourager les mobilisations et
protéger les intérêts d’une bourgeoisie séparatiste. Face à une base policière
poreuse aux thèses du RN exigeant
toujours plus de passe-droits, le gouvernement capitule et s’aligne sur
l’agenda de rupture républicaine posé par l’extrême droite. Il troque le
consentement démocratique contre une fidélité supposée et accélère la bascule
autoritaire.
La surenchère
sécuritaire au nom de la lutte
contre le narcotrafic relève de
l’affabulation. Qui peut penser que l’abandon par le service public
de quartiers, de territoires entiers, n’ait pas d’impact sur les questions
du vivre-ensemble et de la sécurité ? Pas
les Nîmois du quartier de Pissevin, où
la fermeture du bureau de poste supprime toute présence
institutionnelle pour laisser le terrain aux seuls dealers. C’est
pour empêcher cela qu’ils se mobilisent avec leur nouveau maire, le
communiste Vincent Bouget. Ils savent que la sécurité, la vraie, exige le
retour des guichetiers, des profs, des éducateurs et d’une police de
proximité à l’écoute des habitants.

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