lundi 23 février 2026

« L’antifascisme diabolisé : une réécriture de l’histoire gravissime pour la démocratie », l’éditorial de Cathy Dos Santos.



Saluts nazis, vociférations homophobes et racistes : le défilé de Lyon, samedi, n’avait rien d’une marche blanche en hommage au militant ultranationaliste Quentin Deranque, battu à mort le 12 février. Tout transpirait la parade idéologique, avec, en tête de cortège, des figures bien connues de la galaxie néonazie et identitaire. Les consignes données aux manifestants n’y ont rien changé.

Une fois encore, les franges les plus radicales de l’extrême droite ont battu le pavé en toute impunité, le jour même où l’on commémorait les assassinats de Missak Manouchian et de ses camarades, fusillés par les nazis le 21 février 1944 au mont Valérien. La banalisation de l’appropriation de l’espace public par ces fanatiques fascistes est glaçante. Elle dit beaucoup des menaces qui pèsent sur la démocratie en France.

Toute la lumière doit être faite sur les circonstances du meurtre de Quentin Deranque. Ses auteurs doivent être poursuivis, condamnés. Cette exigence de justice propre à un État de droit ne peut et ne doit souffrir aucune exception. L’indignation à géométrie variable est une faute politique. Or, depuis une semaine, nous assistons à l’instrumentalisation d’un drame qui, de facto, enveloppe d’un silence assourdissant les victimes de crimes racistes.

Sébastien Lecornu reproche à La France insoumise d’opposer les morts ; mais c’est très exactement ce que font les plus hautes autorités et les institutions de ce pays, en choisissant d’ignorer délibérément les violences mortelles de l’extrême droite. La manipulation ne s’arrête pas là. Elle conduit à un invraisemblable renversement des rôles qui sert les desseins du Rassemblement national.

L’antifascisme est mis au ban, comme si le sens des combats d’hier et la nécessaire clairvoyance d’aujourd’hui face au danger étaient réductibles aux seuls agissements de la Jeune Garde ou de tout autre mouvement. Cette réécriture de l’histoire est gravissime. Elle sert à diaboliser la gauche et à normaliser l’extrême droite. En criminalisant La France insoumise et quiconque s’allie avec elle, le gouvernement offre une virginité au RN et un blanc-seing à ses idées, à son projet. Ce sordide calcul politicien est une hérésie, à l’heure où l’extrême droite est aux portes du pouvoir.

 

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« L’antifascisme diabolisé : une réécriture de l’histoire gravissime pour la démocratie », l’éditorial de Cathy Dos Santos.

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