En Inde, ce
sont 130 millions de voix que l’on a méthodiquement effacées. Sous couvert
de traquer de prétendus clandestins, le gouvernement nationaliste de Narendra
Modi a rayé des listes électorales des foules de citoyens, ciblant la minorité
musulmane.
En Israël,
l’alliance de Netanyahou et des suprémacistes d’Itamar Ben Gvir procède à
l’exclusion pure et simple de la liste arabe unie, la coalition de gauche qui
regroupe des partis arabes et le parti communiste israélien.
Aux États-Unis,
les manœuvres acharnées de Donald Trump pour entraver le vote par
correspondance n’avaient
d’autre but que de priver les classes populaires de leur droit d’expression le
plus fondamental. Pour la première fois, les observateurs de l’OSCE ne
sont d’ailleurs pas invités à surveiller le bon déroulement des Midterms du 3 novembre.
C’est une
mécanique d’une implacable brutalité contre ceux qui contestent. Partout où
elle se hisse au pouvoir, la droite autoritaire et l’extrême droite n’ont plus
besoin de chars dans les rues pour confisquer la souveraineté populaire et
écraser l’opposition.
La légalité n’existe plus
Comme le
rappelle l’historien Johann Chapoutot, ces forces politiques s’installent et pervertissent
la légalité. On ne débat plus avec l’adversaire, on l’ampute de ses électeurs.
On décrète qui appartient au « vrai » peuple et qui, de l’étranger,
du travailleur ou de l’opposant, doit en être banni.
C’est ce poison
qui menace notre pays avec les élections de 2027. L’illusion d’une extrême
droite « dédiabolisée », avec laquelle on pourrait tenter une
expérience le temps d’un quinquennat, est un piège mortel. Car leur premier
acte ne sera pas de répondre aux souffrances sociales, mais de cadenasser notre
démocratie politique et sociale de l’intérieur, d’étouffer les voix dissidentes
avec la bénédiction des puissances de l’argent.
La méthode est
déjà écrite. Elle passera par le muselage des syndicats, la fin des aides à la
presse indépendante, la mise au pas brutale de l’audiovisuel public et la
livraison de notre débat démocratique aux appétits des milliardaires
réactionnaires.
Paysage médiatique verrouillé : le rêve de
l’extrême droite
Dans les années
1930, face à la montée des périls fascistes, Paul Vaillant-Couturier fustigeait
déjà ces « trusts de journaux, journaux de trusts » qui
asservissent l’information au capital. Aujourd’hui, l’extrême droite rêve
d’achever ce funeste projet : forger un paysage médiatique verrouillé où
la contradiction n’a plus sa place, où les voix du monde du travail, de
l’écologie et des solidarités sont réduites au silence.
L’élection de
2027 ne pourra pas être une simple parenthèse électorale. Remettre les clés du
pays à ces forces de l’exclusion, ce n’est pas seulement endurer une politique
brutale et injuste pendant cinq ans. C’est prendre le risque immense de leur
laisser confisquer le droit même de les chasser par les urnes.

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