Les élections
de cet automne 2026 signalent un sombre tournant dans la vie politique
allemande. Les scrutins régionaux qui se sont succédé ces dernières semaines en
Saxe-Anhalt, à Berlin et dans le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale confirment
tous l’ascension fulgurante de l’AfD.
Ce parti
d’extrême droite à la rhétorique révisionniste, qui a absorbé, cette dernière
décennie, des militants issus de la mouvance identitaire, des nostalgiques du
IIIe Reich et des groupuscules néonazis, s’est imposé comme une
force politique majeure, voire dominante, drainant à lui une part importante
des voix de la CDU, la droite conservatrice. Il renforce son enracinement,
singulièrement à l’Est, et s’assure un maillage national, du niveau local au
niveau fédéral en passant par les Länder.
À l’appel du puissant Elon Musk
L’extrême
droite a bénéficié de puissants soutiens dans le camp capitaliste, dont celui
du milliardaire états-unien Elon Musk, l’homme le plus riche du monde, qui a
multiplié les appels à voter pour l’AfD. Mais elle est parvenue à détourner le
désarroi social des populations jetées au ban par la réunification et les
politiques inégalitaires dictées par l’ordolibéralisme allemand.
Sa
stratégie : substituer les luttes identitaires au combat égalitaire,
désamorcer la contestation sociale en déviant la colère vers les demandeurs
d’asile, les étrangers, les citoyens allemands d’ascendance étrangère jugés
trop peu « assimilés », qu’elle promet d’expulser au travers
d’un vaste plan de « remigration ».
Un projet déjà
mis en œuvre outre-Atlantique par l’administration Trump avec les opérations de
l’ICE, sa police de l’immigration, et que le RN rêve de décliner en France s’il
parvenait au pouvoir.
Seule lueur
d’espoir outre-Rhin, sur cette obscure scène électorale : la percée, à
Berlin, de Die Linke, dont la tête de liste Elif Eralp, fille de réfugiés politiques turcs, a été portée, au
terme d’une campagne populaire, par l’élan antifasciste d’une jeunesse décidée
à barrer la route aux héritiers de Hitler et à conquérir de nouveaux droits.
La gauche, dans
la cité-État, a plus que doublé son score ; elle pourrait diriger la
capitale pour la première fois depuis la chute du Mur. En Allemagne comme
ailleurs, rien n’est jamais écrit : les humains font leur propre histoire.

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