mardi 22 septembre 2026

« Allemagne : face à l’extrême droite, la percée de Die Linke à Berlin, une lueur d’espoir », l’éditorial de Rosa Moussaoui.



Les élections de cet automne 2026 signalent un sombre tournant dans la vie politique allemande. Les scrutins régionaux qui se sont succédé ces dernières semaines en Saxe-Anhalt, à Berlin et dans le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale confirment tous l’ascension fulgurante de l’AfD.

Ce parti d’extrême droite à la rhétorique révisionniste, qui a absorbé, cette dernière décennie, des militants issus de la mouvance identitaire, des nostalgiques du IIIe Reich et des groupuscules néonazis, s’est imposé comme une force politique majeure, voire dominante, drainant à lui une part importante des voix de la CDU, la droite conservatrice. Il renforce son enracinement, singulièrement à l’Est, et s’assure un maillage national, du niveau local au niveau fédéral en passant par les Länder.

À l’appel du puissant Elon Musk

L’extrême droite a bénéficié de puissants soutiens dans le camp capitaliste, dont celui du milliardaire états-unien Elon Musk, l’homme le plus riche du monde, qui a multiplié les appels à voter pour l’AfD. Mais elle est parvenue à détourner le désarroi social des populations jetées au ban par la réunification et les politiques inégalitaires dictées par l’ordolibéralisme allemand.

Sa stratégie : substituer les luttes identitaires au combat égalitaire, désamorcer la contestation sociale en déviant la colère vers les demandeurs d’asile, les étrangers, les citoyens allemands d’ascendance étrangère jugés trop peu « assimilés », qu’elle promet d’expulser au travers d’un vaste plan de « remigration ».

Un projet déjà mis en œuvre outre-Atlantique par l’administration Trump avec les opérations de l’ICE, sa police de l’immigration, et que le RN rêve de décliner en France s’il parvenait au pouvoir.

Seule lueur d’espoir outre-Rhin, sur cette obscure scène électorale : la percée, à Berlin, de Die Linke, dont la tête de liste Elif Eralp, fille de réfugiés politiques turcs, a été portée, au terme d’une campagne populaire, par l’élan antifasciste d’une jeunesse décidée à barrer la route aux héritiers de Hitler et à conquérir de nouveaux droits.

La gauche, dans la cité-État, a plus que doublé son score ; elle pourrait diriger la capitale pour la première fois depuis la chute du Mur. En Allemagne comme ailleurs, rien n’est jamais écrit : les humains font leur propre histoire.

 

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« Allemagne : face à l’extrême droite, la percée de Die Linke à Berlin, une lueur d’espoir », l’éditorial de Rosa Moussaoui.

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