lundi 31 août 2026

« Les milliardaires et leurs valets d’extrême droite déclarent la guerre à l’avenir », l’éditorial de Stéphane Sahuc.



L’été 2026 restera probablement comme celui d’une guerre totale déclarée à notre avenir. L’offensive trumpiste contre la recherche s’est muée en un démantèlement méthodique des garde-fous de nos sociétés. Une destruction systématique et assumée de la science et de la démocratie.

La journée du 10 août illustre cet état de fait. Ce jour-là, l’administration Trump a censuré l’Arctic Report Card de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA). Dans ce document, la Noaa révélait l’accumulation des records de chaleur au pôle Nord. L’invisibilisation de la menace climatique est telle que le 7 août, la Nasem (National Academies of Sciences, Engineering, and Medicine) a retiré un chapitre sur le climat sous la menace d’un pouvoir hurlant au complot.

Ce déni s’attaque aussi à la santé des enfants. Le 10 août encore, au mépris de décennies de recherche, un décret signé avec Robert F. Kennedy Jr. anéantissait la politique de vaccination infantile.

Le pouvoir états-unien n’hésite plus à sacrifier la santé publique et à ressusciter des thèses complotistes pour flatter un électorat radicalisé. Et tandis qu’il sabre les budgets alloués au climat et à la santé, il accélère la publication de décrets pour surfinancer l’informatique quantique et la U. S. Space Academy. La science n’est célébrée que lorsqu’elle sert la domination, et la recherche n’est financée que pour militariser de nouveaux fronts.

Cette mécanique mortifère est décryptée par le climatologue Michael E. Mann et le chercheur et médecin Peter J. Hotez dans La Science assiégée. Ils y pointent l’alliance toxique des ploutocrates, des pétro-États et des propagandistes pour protéger leurs profits et leur pouvoir envers et contre tous. Une logique qui gagne d’autres pays où la recherche et l’éducation se retrouvent sous-financées par rapport à la chose militaire et sécuritaire.

Aux États-Unis, face à cette entreprise de démolition, des scientifiques entrent en résistance, sauvegardant des données sur des serveurs suisses. En cette rentrée des classes en France, exiger la liberté académique et des crédits pour la recherche, c’est aussi mener le combat pour la justice sociale. Sans les sciences, l’humanité navigue à l’aveugle.

 

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