L’été 2026
restera probablement comme celui d’une guerre totale déclarée à notre avenir.
L’offensive trumpiste contre la recherche s’est muée en un démantèlement
méthodique des garde-fous de nos sociétés. Une destruction systématique et
assumée de la science et de la démocratie.
La journée du
10 août illustre cet état de fait. Ce jour-là, l’administration Trump a censuré
l’Arctic Report Card de la National Oceanic and
Atmospheric Administration (NOAA). Dans ce document, la Noaa révélait l’accumulation des records de chaleur
au pôle Nord. L’invisibilisation de la menace climatique est telle que le
7 août, la Nasem (National Academies of Sciences, Engineering, and
Medicine) a retiré un chapitre sur le climat sous la menace d’un pouvoir
hurlant au complot.
Ce déni
s’attaque aussi à la santé des enfants. Le 10 août encore, au mépris de
décennies de recherche, un décret signé avec Robert F.
Kennedy Jr. anéantissait
la politique de vaccination infantile.
Le pouvoir
états-unien n’hésite plus à sacrifier la santé publique et à ressusciter des thèses
complotistes pour flatter
un électorat radicalisé. Et tandis qu’il sabre les budgets alloués au climat et
à la santé, il accélère la publication de décrets pour surfinancer
l’informatique quantique et la U. S. Space Academy. La science n’est
célébrée que lorsqu’elle sert la domination, et la recherche n’est financée que
pour militariser de nouveaux fronts.
Cette mécanique
mortifère est décryptée par le climatologue Michael E. Mann et le chercheur et
médecin Peter J. Hotez dans La Science
assiégée. Ils y
pointent l’alliance toxique des ploutocrates, des pétro-États et des
propagandistes pour protéger leurs profits et leur pouvoir envers et contre
tous. Une logique qui gagne d’autres pays où la recherche et l’éducation se
retrouvent sous-financées par rapport à la chose militaire et sécuritaire.
Aux États-Unis,
face à cette entreprise de démolition, des scientifiques entrent en résistance,
sauvegardant des données sur des serveurs suisses. En cette rentrée des
classes en France, exiger la liberté
académique et des crédits pour la recherche, c’est aussi mener le combat pour
la justice sociale. Sans les sciences, l’humanité navigue à l’aveugle.

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