Qui à la
préfecture de la Haute-Saône a pris la décision de faire arrêter pour une
expulsion immédiate, alors qu’elle pointait au commissariat, une mère de
famille marocaine de six enfants, menottée et emmenée sans qu’elle ait pu leur
dire au revoir ? Quelle urgence y avait-il à appliquer une mesure d’obligation de
quitter le territoire après un refus
de carte de séjour dont elle avait fait appel ?
Cela alors
qu’elle est en France depuis cinq ans, que son mari travaille comme chauffeur
poids lourds et que ses enfants sont scolarisés. Dans quel bureau un
fonctionnaire zélé, si ce n’est le préfet lui-même, a-t-il pensé nécessaire de
séparer avec une telle brutalité une mère de ses enfants ? Les
responsables ne sont pas seulement là.
Des macronistes
à l’extrême droite, les discours anti-immigrés sont instruments de racolage
politique. C’est ainsi que s’installe ce que la philosophe Hannah Arendt avait
appelé la banalité du mal. Que l’on passe, au pays de Voltaire, de Zola, de Missak Manouchian, de Gisèle Halimi, de l’humanité à l’indignité.

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