jeudi 13 août 2026

« Les discours anti-immigrés sont instruments de racolage politique », le billet de Maurice Ulrich.



Qui à la préfecture de la Haute-Saône a pris la décision de faire arrêter pour une expulsion immédiate, alors qu’elle pointait au commissariat, une mère de famille marocaine de six enfants, menottée et emmenée sans qu’elle ait pu leur dire au revoir ? Quelle urgence y avait-il à appliquer une mesure d’obligation de quitter le territoire après un refus de carte de séjour dont elle avait fait appel ?

Cela alors qu’elle est en France depuis cinq ans, que son mari travaille comme chauffeur poids lourds et que ses enfants sont scolarisés. Dans quel bureau un fonctionnaire zélé, si ce n’est le préfet lui-même, a-t-il pensé nécessaire de séparer avec une telle brutalité une mère de ses enfants ? Les responsables ne sont pas seulement là.

Des macronistes à l’extrême droite, les discours anti-immigrés sont instruments de racolage politique. C’est ainsi que s’installe ce que la philosophe Hannah Arendt avait appelé la banalité du mal. Que l’on passe, au pays de Voltaire, de Zola, de Missak Manouchian, de Gisèle Halimi, de l’humanité à l’indignité.

 

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