jeudi 13 août 2026

« Le malaise social chez les pompiers », l’éditorial de Cédric Clérin.



On connaît la propension de nos gouvernants à vouloir minimiser, invisibiliser ou folkloriser les grèves afin de mieux les neutraliser. Ils auront pourtant bien du mal à éluder le message porté par celle des pompiers, tant il est reçu positivement dans l’opinion publique. Voilà des fonctionnaires qui exercent leur métier dans des conditions indignes au regard des services qu’ils rendent à la société. Certes, le néolibéralisme a tout fait pour que les serviteurs du bien commun soient maltraités. Les enseignants ou les soignants, entre autres, en savent quelque chose. Mais la force des images des incendies a placé les pompiers sur le devant de la scène et rendu leur condition encore plus insupportable.

Ce qui ajoute encore à leur colère, c’est qu’au-delà de rémunérations faibles, ils doivent pallier les manques installés par des choix politiques désastreux. Outre les incendies estivaux, ils interviennent désormais tout au long de l’année sur les cendres du service public de la santé. Dans certains départements, les interventions ont augmenté de plus de 50 % en dix ans ! Comble du cynisme, les gouvernements macronistes ont préféré faire appel aux volontaires plutôt que de renforcer le statut des professionnels pour absorber le choc qu’ils ont eux mêmes créé.

L’été, les pompiers doivent affronter les incendies sans les équipements nécessaires et l’appui des moyens lourds que les gouvernements ont refusé de financer. Au bout du compte, c’est leur santé qui est mise en danger. Envoyés au feu, ils sont pourtant abandonnés lorsqu’il s’agit de reconnaître les maladies professionnelles auxquelles ils sont exposés.

Leur santé n’est pas seulement une question de justice ou de capacité à faire face aux événements climatiques extrêmes liés au réchauffement planétaire. 87 % de leurs interventions concernent l’aide à la personne, c’est donc en réalité chaque citoyen qui est concerné. Le malaise social chez les pompiers est le symptôme de la dégradation des services publics et un signal d’alerte sur les dangers d’une société façonnée par les logiques néolibérales. Le crédit politique du macronisme finissant a cramé depuis longtemps, mais il aggraverait encore son cas en s’entêtant dans le déni.

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