On connaît la
propension de nos gouvernants à vouloir minimiser, invisibiliser ou folkloriser
les grèves afin de mieux les neutraliser. Ils auront pourtant bien du mal à
éluder le message porté par celle des pompiers, tant il est reçu positivement
dans l’opinion publique. Voilà des fonctionnaires qui exercent leur métier dans
des conditions indignes au regard des services qu’ils rendent à la société.
Certes, le néolibéralisme a tout fait pour que les serviteurs du bien commun
soient maltraités. Les enseignants ou les soignants, entre autres, en savent
quelque chose. Mais la force des images des incendies a placé les pompiers sur
le devant de la scène et rendu leur condition encore plus insupportable.
Ce qui ajoute
encore à leur colère, c’est qu’au-delà de rémunérations faibles, ils doivent
pallier les manques installés par des choix politiques
désastreux. Outre les incendies estivaux, ils
interviennent désormais tout au long de l’année sur les cendres du service
public de la santé. Dans certains départements, les interventions ont augmenté
de plus de 50 % en dix ans ! Comble du cynisme, les gouvernements
macronistes ont préféré faire appel aux volontaires plutôt que de renforcer le
statut des professionnels pour absorber le choc qu’ils ont eux mêmes créé.
L’été, les pompiers doivent
affronter les incendies sans les équipements nécessaires et l’appui des moyens lourds que les gouvernements ont refusé
de financer. Au bout du compte, c’est leur santé qui est mise en danger.
Envoyés au feu, ils sont pourtant abandonnés lorsqu’il s’agit de reconnaître
les maladies professionnelles auxquelles ils sont exposés.
Leur santé
n’est pas seulement une question de justice ou de capacité à faire face aux
événements climatiques extrêmes liés au réchauffement planétaire. 87 % de
leurs interventions concernent l’aide à la personne, c’est donc en réalité
chaque citoyen qui est concerné. Le malaise social chez les pompiers est le
symptôme de la dégradation des services publics et un signal d’alerte sur les
dangers d’une société façonnée par les logiques néolibérales. Le crédit
politique du macronisme finissant a cramé depuis longtemps, mais il aggraverait
encore son cas en s’entêtant dans le déni.

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