Huit mois. Le
temps qui nous sépare de l’échéance de la présidentielle et des législatives
est vertigineusement court quand on en saisit à la fois l’enjeu historique et
le chemin à parcourir pour enfin imposer par les urnes le changement radical
dont la France et le monde ont tant besoin.
Loin d’un
rituel politique ordinaire, la rentrée politique des
forces de gauche ce week-end a
démontré combien chacune est consciente de l’urgence, après l’été meurtrier
d’une planète déréglée par le capitalisme et dix ans de macronisme au service
des plus riches, dans un monde ravagé par les guerres, rongé par les haines et
les discriminations.
Les programmes
se précisent, les alliances et les
candidatures se dessinent. La question
qui doit obséder les forces de gauche n’est pas tant de savoir qui occupera les
meilleures places du podium le soir du premier tour, mais celle, beaucoup plus
exigeante, des moyens pour rendre à nouveau possible sa victoire au second
tour, avec une majorité à l’Assemblée.
Personne n’y
arrivera seul. Et pas sans un programme de rupture nette avec le
néolibéralisme. Les crises que nous traversons, l’emballement de l’histoire et
du réchauffement climatique, qui s’est encore dramatiquement manifesté cet été,
démontrent qu’il n’y aura pas d’ajustements à la marge possible. Et que le
temps est compté.
Voilà pourquoi
la gauche de rupture ne peut pas se contenter d’être un front de résistance
mais bien redevenir un projet de pouvoir. Elle a démontré ce week-end la
maturité et la crédibilité de son projet. Bien sûr, communistes, insoumis, écologistes ou socialistes développent des
conceptions différentes sur bien des sujets. Il serait vain de prétendre que
ces désaccords n’existent pas. Est-ce que cela en fait forcément des gauches
irréconciliables ? Non. Ceux qui l’ont théorisé, Manuel Valls en tête, ont
mené le pays dans le mur et jeté la colère populaire dans les bras du RN.
La diversité
des propositions à gauche doit servir à imposer des thèmes de campagne utiles,
loin des obsessions de l’extrême droite qui pourrissent le débat public. L’électorat
ne se mobilisera pas par devoir, mais bien s’il est convaincu de l’utilité de
son vote. L’histoire ne repasse pas les plats. Mais elle a déjà écrit ses
meilleures pages en moins de huit mois…

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