mardi 18 août 2026



En huant Sébastien Lecornu à son arrivée au Porge, les habitants de cette commune de Gironde en partie détruite par les flammes en juillet ne s’y sont pas trompés. Sa visite avait des accents de retour sur la scène du crime.

Le premier ministre était venu contempler les dégâts de sa politique : des centaines de milliers d’habitants de la région exposés aux fumées toxiques, des milliers d’hectares de forêt brûlés, des dizaines de maisons réduites en cendres, des milliers de travailleuses et de travailleurs contraints au chômage technique par la perte d’activité des entreprises locales, notamment dans le tourisme, et menacés demain de perdre leurs emplois…

Nul doute que si les collectivités locales et les services publics, en particulier les Services départementaux d’incendie et de secours (Sdis), n’avaient pas été laissés exsangues par des décennies de réduction des dépenses publiques, la catastrophe aurait eu moins d’ampleur.

Lecornu est venu « lancer le chantier de la reconstruction ». En 2022, la première ministre, Élisabeth Borne, n’avait pas dit autre chose, après le grand incendie qui avait ravagé le sud des Landes et le Médoc. Las, la base de Canadair promise n’a pas vu le jour. Les propriétaires privés ont replanté les mêmes essences à croissance rapide, très inflammables mais tellement rentables. L’État n’a rien trouvé à y redire. Pis : sa politique forestière et la transformation de l’ONF qu’il a engagée poussent à la surexploitation de la forêt et ne peuvent qu’aggraver les menaces pesant sur son avenir.

Reconstruire et préserver l’avenir, contenir le réchauffement climatique et limiter ses effets implique de rompre avec la politique que poursuit Lecornu à Matignon dans la foulée des Retailleau, Bayrou, Attal, Barnier, Philippe et leurs prédécesseurs, avec, pour boussole, l’accaparement des ressources par les ultras riches, qu’elles soient naturelles ou produites par le travail. Cette rupture ne peut venir que des rangs de la gauche. Il appartient à ceux qui y sont les plus résolus, parmi lesquels les communistes, de lui donner forme en construisant un projet rassembleur et mobilisateur.

 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

" L’été où la terre a dit non ", l’éditorial de Patrick Le Hyaric

  Cet été brûlant restera comme celui où la nature a posé un ultimatum.  La terre se fissure.  Elle a cessé de nourrir : l’herbe jaunit, l...