Les promesses
n’engagent que ceux qui y croient. Sébastien Lecornu, lui, croit dur comme fer qu’il agit vite et bien « parce
qu’une parole donnée n’a de valeur que si elle est tenue ». Voilà le
fil conducteur de la lettre qu’il a adressée samedi aux agriculteurs : le
gouvernement aurait entendu leur colère et serait préoccupé de leur détresse
face à un climat indomptable.
Fait
troublant : le Conseil constitutionnel a validé la veille la presque
totalité de la très controversée loi d’urgence agricole, qui autorise la
réintroduction de l’acétamipride et du flupyradifurone – à deux réserves près –
au nom de « l’intérêt général » ! Comme si le
recours à ces poisons était sans danger pour les humains et les écosystèmes.
Même logique concernant la gestion de l’eau. La loi d’urgence agricole, supervisée par les lobbyistes de l’agriculture
intensive, facilitera le stockage de l’eau et, dans les faits, l’accaparement
de l’irrigation par une minorité au détriment d’une répartition juste et
équitable, alors que la France a soif.
La décision des
« sages » est un bras d’honneur à l’incroyable mobilisation citoyenne
contre la loi Duplomb. Sébastien Lecornu a beau crier victoire, le texte qui
entrera en vigueur n’apportera pas de solutions pérennes aux souffrances du
monde paysan, qui ne subit pas seulement les répercussions du dérèglement
climatique. Il pâtit de choix politiques qui font la part belle aux syndicats
et mastodontes du modèle intensif. Ceux-là mêmes qui, obnubilés par les gains
de compétitivité, dévorent des énergies fossiles et des intrants chimiques au
mépris de la santé, de la nature et du devenir d’un grand nombre
d’exploitations.
Le premier
ministre se gargarise du travail de l’exécutif, après la gestion calamiteuse
des mégafeux et l’image déplorable que renvoie le président des riches sur
son jet-ski. Il promet des
mesures à la hauteur de l’époque sinistrée que nous vivons. Mais le flou est
son royaume. Pas l’ombre d’une planification à moyen et à long terme pour
atténuer les impacts d’une crise climatique systémique. Le cadre de la
discussion sur le budget 2027 à l’automne est, en revanche, posé. Comme un jour
sans fin, le gouvernement n’a que le mot austérité à la bouche. L’opération com
de Matignon ne fera pas long feu.

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