Dans l’ombre
du génocide à Gaza, les Palestiniens de Cisjordanie et
de Jérusalem-Est occupés vivent quotidiennement la violence, les
humiliations, les exactions abjectes des colons avec l’appui – tantôt
tacite, tantôt explicite – d’une armée israélienne aux ordres. Les
témoignages affluent, terrifiants. Les rapports officiels
s’accumulent, alarmants. Et
les chancelleries s’enferment dans un silence assourdissant.
Khaled et
Mustafa Odeh n’ont que 12 et 10 ans. Leur
famille a été assassinée, sous leurs yeux, criblée de balles par
les forces d’occupation israéliennes. L’Humanité les a rencontrés dans leur ville
de Tamoun, à quelques
encablures de Naplouse. Le destin tragique de cette famille palestinienne
n’est pas un cas isolé.
Il est le
symptôme de l’impunité dont jouissent Benyamin Netanyahou et ses affidés
suprémacistes. De la bande de Gaza au sud du Liban, de l’Iran à la Cisjordanie
occupée, les multiples feux allumés par Tel-Aviv dans la
région posent les jalons d’une stratégie globale d’annexion, de
colonisation, de déstabilisation profonde de tout le Moyen-Orient.
L’ONU l’a
affirmé ce mardi. La situation des Palestiniens de Cisjordanie « soulève
des inquiétudes quant à un nettoyage ethnique ». Dans son
rapport, le Haut-Commissariat aux droits de l’homme révèle le
déplacement forcé de plus de 36 000 Palestiniens en un an, « qui coïncide avec
le déplacement massif des Palestiniens à Gaza ». Dans
le même temps, des dizaines de milliers d’implantations illégales de colonies
israéliennes dans les territoires occupés ont été validées par
Tel-Aviv.
Déjà décuplée
ces dernières années, la pression coloniale
s’est aggravée depuis le
début de la guerre en Iran, relève encore l’ONU. Oui, le « transfert
illégal » de Palestiniens est un crime de guerre, affirment les Nations
unies. Et, « dans certaines circonstances »,
peut même « s’apparenter à un crime contre l’humanité ». Khaled et
Mustafa Odeh sont aujourd’hui orphelins. Le respect du droit
international aurait dû protéger leur famille. Le reste n’est qu’argutie
et déshumanisation.

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