Ces
phrases déchirées pour la poubelle un soir, ou qu’on a égarées, ou qu’on ne
veut plus voir. J’en ai fait un poème de tous ces mots perdus, phrases que l’on
essaime à chaque coin de rue. Ces petits chants d’amour, ces cruels cris de
haine, ces rimes de toujours sur les joies et les peines. Ces vers de trois
fois rien, ces lignes inutiles sur petit calepin en gestes
malhabiles. Ces deux petites fleurs sur une page triste, et ces élans du
cœur écrits à l’improviste. Ces visions
de la nuit qu’on oublie à l’aurore, cet
air qui nous poursuit quand on le croyait mort. Ce parfum qui navigue sur la
vague des lettres, qui entame une gigue et sort par la fenêtre. Ces serments si
peureux qu’on les écrit tremblant, qui finissent au feu ou aux ailes du vent.
Ces sourires de joie qu’on confie à sa plume, ce fantôme, là-bas, disparu dans
la brume. De tous ces mots perdus j’en ai fait la moisson, partis puis revenus
le temps d’une chanson.
jeudi 12 février 2026
MOTS PERDUS !
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