On ne peut que
se réjouir de l’écho rencontré par la tribune « Affirmer notre
antifascisme : le devoir du moment », publiée dans
nos colonnes par 180 romanciers, historiens, philosophes et
sociologues. Le sursaut auquel ils appellent
est indispensable. Il est salutaire de
dénoncer l’abjecte inversion des rôles qui veut faire
de la gauche une menace pour la République et la démocratie.
Cette manœuvre
vise à achever la « dédiabolisation » de l’extrême droite
alors que, dans son essence même, celle-ci n’a eu de
cesse de vouloir détruire l’une et l’autre tout au long de
son histoire, de l’affaire Dreyfus à la collaboration et à la
guerre d’Algérie. Les menaces et les attaques du RN, de Reconquête,
de leurs alliés et même de LR contre les libertés, les droits
individuels et collectifs doivent être dénoncées et combattues.
Mais ce
nécessaire sursaut n’est pas suffisant. L’antifascisme, s’il veut
être efficace, doit s’attaquer aux racines du mal. Le RN et l’extrême
droite prospèrent sur les ravages du capitalisme. Une insécurité
sociale croissante frappe les travailleurs et travailleuses, les privés
d’emploi, les retraités et la jeunesse. Ils sont de plus en plus
nombreux à connaître la précarité, les salaires
et les pensions indignes et à voir leurs droits au
logement, à la santé ou à l’éducation systématiquement bafoués.
Ils subissent
le mépris et la violence de classe du pouvoir qui, bien que
plusieurs fois sanctionné dans les urnes, poursuit sa politique d’injustice
sociale au profit de la bourgeoisie et des grandes multinationales.
Conjugué à un système politique impuissant à satisfaire les besoins de la
population, cela nourrit le désespoir, le repli sur soi et la perte
de confiance dans la parole publique et les institutions qui font le lit
de l’extrême droite.
Parvenir
à remobiliser les milieux populaires dans les urnes et dans la vie
sociale est incontournable pour qui prétend faire reculer le
RN. Cela implique de se doter d’un
projet politique qui donne la priorité à l’emploi,
aux salaires et aux pensions ainsi qu’au redressement des services
publics.

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