En campagne
présidentielle, l’ancien premier ministre Gabriel Attal est d’une certaine
manière un indicateur de tendance. De jour en jour, ses choix et ses
déclarations le marquent à droite, et même à l’extrême droite. Quitte à instrumentaliser pour cela, d’une manière
indigne et bien peu républicaine, les gens du voyage.
Ou plus
largement en en rajoutant, après l’épisode de Ceuta, sur le « défi migratoire », mais
aussi en durcissant les dispositions sécuritaires pour les plus
jeunes, etc. « Tu sais, on s’adapte », aurait-il dit à
une ministre proche. Sans doute. L’opportunisme a ses raisons, mais surtout ce
qui est en jeu, c’est un changement profond et sans précédent depuis la Seconde
Guerre mondiale.
Depuis les
dernières élections législatives, qui avaient vu ce qu’on appelle le
Front républicain faire face au RN, au profit de la gauche, les élus macronistes n’ont cessé d’agir, c’est
bien le cas de le dire, à front renversé. Écologie, sécurité, taxation des plus
riches, augmentation des salaires, immigration et jusqu’à la réélection de la
présidente de l’Assemblée nationale contre le communiste André Chassaigne,
leurs voix n’ont cessé de se mêler aux voix de la droite, souvent avec le
soutien de l’extrême droite.
C’est peu de
dire que cette dernière est devenue fréquentable. Pour les milieux dirigeants
comme pour le grand patronat, son arrivée au pouvoir est désormais une hypothèse
parfaitement crédible et acceptable. Mais ce n’est pas seulement une affaire franco-française. Il s’agit d’une
lame de fond, déterminée et consciente, portée par les hyper-milliardaires
de la tech comme Elon Musk, Peter Thiel, par Donald Tump et les nouveaux dirigeants élus dans les pays
d’Amérique latine, par la progression continue des extrêmes droites en Europe.
Le capitalisme,
depuis le milieu du siècle dernier, composait avec la démocratie libérale ou,
du moins, semblait s’en accommoder. Il a besoin aujourd’hui, dans une course au
profit devenue folle et une compétition mondiale effrénée, de s’affranchir des
règles qu’avec leurs limites ces démocraties ont imposées jusqu’alors. C’est là
que pour le capital les extrêmes droites ont leur rôle à jouer.

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