vendredi 17 juillet 2026

« Réchauffement climatique : le gouvernement joue avec le feu », l’éditorial de Laurent Mouloud.



Indécent. C’est le premier mot qui nous vient à l’esprit lorsque l’on voit l’exécutif et le chef de l’État se démener depuis plusieurs jours pour justifier leur bilan en matière de lutte contre les feux de forêt. Près de 25 000 hectares déjà partis en fumée avant la mi-juillet. Des morts, des blessés, un mégafeu en région parisienne, des pompiers exténués, des agriculteurs dévastés, une biodiversité décimée.

Et face aux critiques – fondées – des oppositions, ministre et ancien premier ministre en campagne se relaient pour fêter leur clairvoyance et la justesse de leurs choix budgétaires. On croit rêver. Comme si, à la violence des faits, il fallait ajouter la violence du déni.

Le réchauffement climatique impose aux gouvernants de se lancer dans une course de fond, en planifiant sur le long terme des investissements cohérents et conséquents. Or, comme le Haut Conseil pour le climat vient de le rappeler, la France continue de briller par son impréparation et sa vision court-termiste. Le parti pris libéral et probusiness des années Macron a fait des ravages, enchaînant contresens écologiques et renoncements budgétaires.

Rappelons-le : en 2022, le chef de l’État avait promis de renouveler la flotte de 12 Canadair avant 2027 et d’en ajouter quatre. Après torpillage austéritaire, sur ces 16 appareils, seuls quatre sont garantis d’être livrés à ce jour. Pis encore sur le terrain de la prévention. Le service public de l’Office national des forêts reste sous-investi. Il comptait 16 000 salariés en 1986. Ils ne sont plus que 8 000 aujourd’hui alors que les risques ne cessent de se multiplier. Ces choix-là sont payés cash aujourd’hui.

Cette impéritie révèle les limites d’un exécutif, prêt à déverser des milliards dans une économie de la guerre rentable électoralement, mais incapable d’investir dans des politiques publiques dont les bénéfices – humains et financiers – ne se mesurent que des années plus tard. Or, c’est exactement cette responsabilité-là que réclame le défi climatique. Continuer de l’ignorer, c’est jouer avec le feu et alimenter, dès aujourd’hui, les incendies de demain.

 

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« Réchauffement climatique : le gouvernement joue avec le feu », l’éditorial de Laurent Mouloud.

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