Indécent. C’est
le premier mot qui nous vient à l’esprit lorsque l’on voit l’exécutif et le
chef de l’État se démener depuis plusieurs jours pour justifier leur bilan en
matière de lutte contre les feux de
forêt. Près de 25 000 hectares déjà
partis en fumée avant la mi-juillet. Des morts, des blessés, un mégafeu en
région parisienne, des pompiers exténués, des agriculteurs dévastés, une
biodiversité décimée.
Et face aux
critiques – fondées – des oppositions, ministre et ancien premier ministre en
campagne se relaient pour fêter leur clairvoyance et la justesse de leurs choix
budgétaires. On croit rêver. Comme si, à la violence des faits, il fallait
ajouter la violence du déni.
Le
réchauffement climatique impose aux gouvernants de se lancer dans une course de
fond, en planifiant sur le long terme des investissements cohérents et
conséquents. Or, comme le Haut Conseil pour le climat vient de le rappeler, la
France continue de briller par son impréparation et sa vision court-termiste.
Le parti pris libéral et probusiness des années Macron a fait des ravages, enchaînant contresens écologiques et renoncements
budgétaires.
Rappelons-le :
en 2022, le chef de l’État avait promis de renouveler la flotte
de 12 Canadair avant 2027 et
d’en ajouter quatre. Après torpillage austéritaire, sur ces 16 appareils, seuls
quatre sont garantis d’être livrés à ce jour. Pis encore sur le terrain de la
prévention. Le service public de l’Office national des forêts reste
sous-investi. Il comptait 16 000 salariés en 1986. Ils ne sont plus que
8 000 aujourd’hui alors que les risques ne cessent de se multiplier. Ces
choix-là sont payés cash aujourd’hui.
Cette impéritie
révèle les limites d’un exécutif, prêt à déverser des milliards dans une
économie de la guerre rentable électoralement, mais incapable d’investir dans
des politiques publiques dont les bénéfices – humains et financiers – ne se
mesurent que des années plus tard. Or, c’est exactement cette responsabilité-là
que réclame le défi climatique. Continuer de l’ignorer, c’est jouer avec le feu
et alimenter, dès aujourd’hui, les incendies de demain.
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