Ils ne sont pas
au pouvoir et pourtant, leur comportement
en dit long. Très long ! Dans la même semaine, des faits graves impliquant les responsables
d’extrême droite en France et
au Royaume-Uni disent exactement ce qui se
passerait si, par malheur, ils accédaient au pouvoir. À Paris,
une cour d’appel confirme la condamnation de Mme Le Pen pour
détournement de fonds publics.
À Londres,
M. Farage est contraint de démissionner de ses fonctions de député
d’extrême droite pour la région de Clacton-on-Sea. Farage ne peut
pas nier, après deux enquêtes parlementaires, avoir reçu
5 millions de livres sterling provenant d’un milliardaire en cryptomonnaie et
une aide financière déguisée avec la mise à sa disposition d’un logement de
luxe et d’une sécurité privée de la part de l’un de
ses amis aristocrates, condamné pour fraude aux États-Unis.
Ainsi, de part
et d’autre de la Manche, l’extrême droite peut appeler à la
probité tout en ayant une relation très sulfureuse avec l’argent.
À Paris,
la cour d’appel délivre la même conclusion que le tribunal de
première instance : la cheffe de l’extrême droite et
son parti, « tête haute et mains propres », ont mis en
place un système de détournement de fonds publics pour rémunérer
jusqu’aux gardes du corps, majordomes et chauffeurs…
pour le père et la fille.
L’extrême
droite aime donc l’argent… Surtout celui des autres.
L’extrême droite a bâti une part non négligeable
de ses succès électoraux sur la promesse de défendre « le
peuple » contre des élites cupides et corrompues. Cela
n’empêchait pas le RN/FN de détourner des fonds
de l’Union européenne au fur et à mesure qu’il appelait à la
détruire. Farage, lui, après avoir déversé des tombereaux de
mensonges pour obtenir le Brexit, menait bataille pour obtenir une législation
d’exception en vue de protéger les intérêts de son
bienfaiteur milliardaire.
À Londres
comme à Paris, les responsables de l’extrême droite font fi des décisions
de justice et se représentent aux élections. Les grands médias
justifient leur épouvantable attitude au nom de… la démocratie qu’ils
bafouent. Quel sombre tour de passe-passe !
Selon eux
et elles, des responsables politiques ne se soumettent pas à l’autorité
judiciaire et en appellent aux électeurs et électrices.
La rupture d’égalité devant la loi est donc manifeste.
L’argument
soutenu dans de larges fractions du spectre politique recèle
d’immenses dangers : il nie l’exigence d’égalité juridique. Une
défaite électorale ne peut pas être jugée équivalente à
une sanction pénale. Plus grave ! C’est l’impunité
dont bénéficient les responsables qui violent les lois et nient
« l’État de droit » qui leur permet de rester au pouvoir.
La corruption nourrit une certaine « clientèle
électorale » au moment même où les libertés publiques, dont
le droit d’association, le droit syndical, le droit de manifestation,
sont entravées et empêchent contestations et préparations
de l’alternative.
Depuis des
jours et des mois, une partie des grands médias, dont la tour penche
vraiment à droite, tente de faire confondre démocratie et tyrannie d’une
majorité qui se donne pour mission de « corriger »
les jugements. Or, depuis la Révolution française, la
répartition des pouvoirs part avant tout de la prééminence
de la loi, par opposition au règne de la force, du favoritisme et de
l’arbitraire qui caractérisait l’Ancien Régime.
C’est ce
que refusent Trump, Le Pen, Farage et
l’internationale proto-fasciste. Ce moment devrait alerter sur ce qui
pourrait advenir si, par malheur, ce qu’indiquent les enquêtes
d’opinion se réalisait. Il n’est pas inutile de prendre le temps d’y
faire réfléchir.

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