jeudi 16 avril 2026

« Pourquoi le quinquennat d’Emmanuel Macron incarne l’imposture écologique », l’éditorial de Marion d’Allard.



En peinture comme en politique, le vernis n’a jamais fait l’œuvre. Au crépuscule d’un second quinquennat chaotique, la réalité des faits a remplacé la grandiloquence des discours. Et en matière de protection de l’environnement, les renoncements de la Macronie révèlent les uns après les autres l’ampleur de l’imposture. En 2022, candidat à sa réélection, Emmanuel Macron surjouait l’emphase : « Ce quinquennat sera écologique ou ne sera pas. » Il ne fut pas. Bien au contraire.

Nous aurions pu naïvement croire que la condamnation historique de la France en 2021 pour non-respect de ses objectifs climatiques aurait fait bouger les lignes. Mais l’exécutif s’est contenté de demi-mesures. Aussitôt votées, et, pour une part, aussitôt enterrées. La suppression des zones à faibles émissions (ZFE), actée ce mardi dans l’Hémicycle, s’ajoute aux innombrables reculs, sur l’artificialisation des sols, la rénovation énergétique des bâtiments, l’épandage de certains pesticides, la décarbonation de l’industrie, des transports, la protection de la biodiversité… Une partition sinistre, que la France a joué à l’unisson avec Bruxelles prenant leur part active au grand concert mondial du backlash climatique.

De l’Amérique latine au Groenland et au Proche-Orient, les guerres impérialistes que mènent les États-Unis de Donald Trump et ses sinistres alliés ont toutes un dénominateur commun : mettre la main sur les ressources en eau, en énergie, en minerais, prendre le contrôle des principales routes commerciales mondiales. Un pas de deux mortifère, où la loi du plus fort et la loi du marché mènent la danse au détriment de la planète et de ceux qui la peuplent.

Les climatosceptiques et les adeptes de l’inaction ont le vent en poupe. Chaque recul, chaque renoncement dans la lutte contre le réchauffement climatique leur donne du souffle. Les grands discours ont fait long feu. L’ampleur de la crise environnementale exige le courage de l’action. Pas « en même temps ». À plein temps.

 

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