« God bless America ».
Que Dieu bénisse l’Amérique. Les mots n’ont pas le même sens selon qui les
prononce. « Dieu est fier de moi », assurait
Donald Trump il y a trois semaines dans le discours sur sa première année
de second mandat. On ignore comment il le sait.
Jeudi dernier,
alors qu’il participait à un « petit déjeuner de prière
nationale », en présence de nombreux invités,
il a annoncé l’organisation en mai à Washington
d’un grand rassemblement de prière pour « consacrer à nouveau l’Amérique
à Dieu ». Il a déclaré qu’il avait « plus fait pour la
religion que n’importe quel autre président » et « je ne sais
pas comment quelqu’un de croyant peut voter démocrate ».
Le Dieu de
Trump bénit l’extrême droite, les suprémacistes blancs, la chasse aux
migrants, les meurtres à Minneapolis de Renée Good et Alex Pretti par les
flics-gangsters de l’ICE. Le Dieu de Trump bénit Epstein, ses amis,
son île et son avion, le Lolita Express, mais a-t-il entendu les prières
des victimes ? Dieu a-t-il inspiré la publication sur son compte
Truth Social d’une vidéo de Michelle et
Barack Obama en singes ?
God bless America.
Ce sont les mots à la fin de son
show à la mi-temps du Super Bowl du chanteur portoricain Bad Bunny, rejoint par Lady Gaga, avant qu’il
énumère les noms de tous les pays d’Amérique, avec le Canada et les
États-Unis en queue de liste.
Derrière lui,
cent millions de téléspectateurs ont pu lire sur un ballon « ensemble
nous sommes l’Amérique » et sur un écran « la seule chose qui
est plus forte que la haine est l’amour ». Quelques jours
auparavant, le chanteur, recevant un trophée à la cérémonie
des Grammy Awards, avait appelé
au démantèlement de l’ICE.
Donald
Trump a vu « un spectacle absolument horrible, l’un des pires
de tous les temps, un affront à la grandeur de l’Amérique ».
God bless America. Des manifestations de Minneapolis au concert
acclamé du Super Bowl, même sans y croire, on peut tout de même penser que
le Dieu de Trump n’est pas le bon Dieu.

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