Ce début
d’année 2026 marque un nouveau chapitre dans le démantèlement méthodique de nos
fleurons nationaux. Deux ventes scandaleuses viennent d’être actées :
celle de LMB Aerospace, pépite corrézienne de
l’armement, au groupe américain Loar Holdings pour 367 millions
d’euros, et celle d’Exaion, filiale d’EDF spécialisée dans l’intelligence
artificielle et le calcul haute performance, à l’américain Mara Holdings pour
168 millions de dollars (Mara prenant 64 % du capital, avec option de
monter à 75 %). Des actifs stratégiques, essentiels à notre défense
et à notre indépendance technologique, passent sous pavillon nord-américain. Et
le gouvernement applaudit des deux mains.
LMB Aerospace
fabrique des ventilateurs high-tech pour le Rafale, les sous-marins nucléaires
et le char Leclerc. C’est un maillon vital de notre base industrielle et
technologique de défense (BITD). Malgré un avis initial défavorable de la
Direction générale de l’armement (DGA), Bercy a donné son feu vert fin décembre
2025, assorti d’une « action spécifique » (golden share) illusoire
pour l’État. Une façade qui ne trompe personne : le contrôle capitalistique
n’est pas le contrôle technologique ni celui des données ! Le risque
majeur reste l’« ITARisation » de ces composants, via la
réglementation extraterritoriale américaine qui contrôle l’exportation des
technologies inscrites sur la liste états-unienne. Un comble !
Le résultat d’une politique délibérée de privatisation
et d’austérité
Quant à Exaion,
née de l’expertise publique d’EDF, elle excelle dans le cloud souverain et l’IA
verte. Vendue à Mara (un géant du minage de bitcoins), l’opération inclut une clause
interdisant à EDF de concurrencer l’activité pendant deux ans. Quel
cynisme ! Nos ingénieurs, nos savoir-faire, nos données stratégiques
filent outre-Atlantique, au nom du « marché libre ».
Ces opérations
s’inscrivent dans un continuum de prédations : Alstom cédé à General
Electric en 2014 (sous Macron ministre de l’Économie), Technip fusionné avec
l’américain FMC, Alcatel-Lucent absorbé par Nokia… À chaque fois, le même
refrain : « Pas de repreneur français ». En vingt ans, le
capital nord-américain s’est offert pour plus de 150 milliards de dollars
d’industries nationales.
C’est le
résultat d’une politique délibérée de privatisation et d’austérité, imposée par
l’Union européenne et les traités libéraux, accélérée sous la présidence
Macron. Nos fleurons sont sacrifiés sur l’autel du profit, au bénéfice des
multinationales états-uniennes qui dominent le monde via le dollar et les
sanctions extraterritoriales. La loi Pacte de 2019 a certes élargi le contrôle
des investissements étrangers à de nouveaux secteurs, mais elle reste bien trop
faible pour nous protéger en plein bouleversement géopolitique.
Où est la
souveraineté tant vantée par Macron à Davos, lunettes de soleil sur le
nez ? Derrière les discours belliqueux contre la Russie ou la Chine se
cache une soumission atlantiste. Les États-Unis, via le Cloud Act, accèdent
déjà à nos données européennes. Avec ces ventes, ils renforcent leur
emprise sur notre défense et notre souveraineté numérique. Le résultat est
connu d’avance : emplois menacés, innovations exportées, dépendance
accrue.
Face à ce
capitalisme prédateur, la Banque publique d’investissement (Bpi), bras armé de
l’État, doit être mobilisée pour que chaque acteur dans les domaines
stratégiques (santé, énergie, spatial, numérique, IA, défense…) reste sous
pavillon français. De nouveaux pouvoirs doivent être donnés aux salariés et aux
CSE pour gérer l’entreprise et s’opposer à ces ventes. La souveraineté n’est
pas un slogan : elle doit devenir une réalité, loin d’un macronisme
complice et vassalisé par l’impérialisme américain.

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