Rupture. Le mot est lâché par le Premier ministre
Sébastien Lecornu. Les consultations des forces politiques semblent convaincre
le nouveau locataire de Matignon à faire autrement. Mais le sempiternel
discours sur la « méthode » ne fonctionne plus. Barnier, Bayrou comme
Lecornu, illégitimes au regard du vote populaire, ne sont prêts en réalité à
aucune concession.
On sait que le mot rupture ne dit rien en soi. La vraie
et l’unique rupture doit être sur le fond contre ces projets d’austérité,
saupoudrés de poussées autoritaires incarnées et de remises en cause de l’Etat
de droit voulue par Bruno Retailleau et l’extrême droite.
Dans ce contexte, la bataille idéologique fait rage. Les
soutiens des droites coalisées à l’extrême droite matraquent en permanence leur
discours sur l’immigration, l’insécurité et l’islam, relayé par des puissants
médias détenus par quelques milliardaires. Ils le doublent maintenant d’un
discours sur la dette, promettant du sang et des larmes aux travailleurs.
Et pourtant, malgré ce matraquage en continu, la
politique de l’offre et la théorie du ruissellement sont rejetées massivement.
Il faut dire qu’avec 9 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté,
qu’avec des cohortes de privés d’emplois subissant les dégâts de la
désindustrialisation et des réformes successives de l’assurance chômage, le
bilan macroniste n’est pas glorieux. Il y a une soif de justice sociale et
fiscale qui émerge comme le démontrent les mobilisations récentes.
Les principes de contrôle de l’argent public versé aux
grandes entreprises, au lieu de nourrir les actionnaires, comme une taxation
plus élevée des ultra-riches, qui ont largement profité de la crise, sont
largement partagés
La taxe Zucman, un impôt plancher de 2% sur les revenus
du patrimoine au-delà de 100 millions, comme le rapport sur les aides publiques
aux grandes entreprises, qui démontrent que 211 milliards sont attribués, sans
transparence, ni suivi, ni évaluation sont désormais des revendications
populaires. Rien ni personne ne peut arrêter une idée qui s’empare des
masses.
Fébrile, le camp du capital contre-attaque et tente de
discréditer, caricaturer, moquer ou invisibiliser ces deux propositions. Tour à
tour, le patronat, Bernard Arnault en tête, éditorialistes libéraux tentent
d’éteindre le feu. Leur morgue démontre leur fébrilité.
La colère est grande face à celles et ceux qui veulent
faire croire que l’austérité est la seule voie, sans s’interroger sur leur
propre responsabilité quant au manque d’argent dans les caisses de
l’Etat.
Celles et ceux qui sont en colère ne sont pas des
irresponsables qui voudraient le chaos, ce ne sont pas des doux rêveurs qui
planeraient, avec de l’autre côté, des pragmatiques réalistes face à la
situation économique. Ce sont des hommes et des femmes qui sont lucides sur les
dégâts causés, partout dans la société, par des années de politiques
libérales.
La foule est aux trousses du couple exécutif et prépare
l’Après-Macron. Le peuple fera de l’examen budgétaire un temps fort de notre
démocratie. Le futur gouvernement n’aura d’autres choix que d’écouter pour
répondre aux besoins populaires. Ils sont acculés, au bout de leur logique
libérale et anti-démocratique.
La gauche a marqué des points dans la bataille
idéologique. Et chacun sait qu’elle est le préalable à toute victoire
électorale.
Il faut donc unir nos forces pour transformer l’essai et
répondre à cette volonté populaire, qui s’est exprimée successivement le 10
septembre, puis à la Fête de l’Humanité, et le 18 septembre dernier, pour en
faire une victoire politique durable.

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