Il faut au
moins être professeur d’économie à Sciences-Po pour être capable d’analyser les leçons de
1789 au regard de la fiscalité d’aujourd’hui. Dans une
tribune des Échos, un expert le fait. Pierre Cahuc, conseiller
ministériel à l’occasion, coauteur en 2008 d’un rapport critique contre le salaire minimum, note d’abord que, dans la décennie 1780, ce sont les
territoires les plus lourdement taxés qui ont connu le plus d’émeutes.
Mais attention,
il ne s’agissait pas tant du poids de l’impôt que de son caractère perçu comme
injuste en raison de multiples inégalités, alors qu’un impôt élevé n’est
soutenable que s’il est « lisible et perçu comme équitable ».
Ainsi,
écrit-il, le mouvement des gilets
jaunes était lié au sentiment d’une
fiscalité frappant les classes populaires en exonérant les plus aisées. Mais
voilà pourquoi, comprenne qui pourra, la taxe Zucman, bien que soutenue par
86 % des Français, ne serait qu’une « fuite en avant »,
répondant « à une crise de légitimité par une nouvelle couche de
prélèvements aux conséquences incertaines ». Trop fort le sophiste.

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