mercredi 20 août 2025

« Les nouveaux États généraux de la culture : le pari de la création »



Les politiques publiques de la culture sont en danger et avec elles cette composante fondatrice de la démocratie que sont l’art et la création. Denis Lanoy et Edgar Garcia, du collectif culture du PCF, appellent les communistes à riposter « sur les enjeux de la création, là où le réel est remis en cause, les habitudes questionnées, les conformismes balayés ».

Ça bout dans la culture. Les mobilisations grandissantes comme l’écho favorable rencontré par l’Appel de la Bellevilloise initie en mars par des artistes, élus et acteurs culturels répondant à l’invitation du PCF témoignent de l’urgence ressentie partout à construire un nouveau rapport de force. Les politiques publiques de la culture sont en danger et avec elles cette composante fondatrice de la démocratie que sont l’art et la création.

Occupées avec acharnement à sauvegarder le capitalisme et donc à en renouveler les cadres, droite et extrême droite, travaillent avec efficacité à imposer leur vision du monde et des rapports humains et à en organiser l’acceptation. Drapée des atours de la modernité numérique et soigneusement cellophanée, cette vision cultive un individualisme forcené, brutal et masculiniste totalement soumis aux lois du marché, piétine la pensée rationnelle et les connaissances scientifiques, elle revisite l’histoire au profit d’un roman nationaliste et réactionnaire, elle quadrille l’imaginaire et range la création artistique avec les ustensiles du marketing. Jamais attaque n’a été aussi violente et déterminée. Les réductions brutales de subventions que nous observons en témoignent, ce n’est pas qu’une affaire de moyens. Le discours de la présidente des Pays de Loire porte un projet de rupture, dont la détestation des artistes n’est pas la moindre des caractéristiques. C’est clair, la riposte doit s’organiser.

Comment ? De longue date les communistes mettent la culture au cœur de leur projet, leur passé parlant pour eux. Mais le compte n’y est pas aujourd’hui. Les admirables constructions culturelles qui caractérisent notre pays ont certes besoin d’être préservées, renforcées et dotées correctement. Partout où ils exercent des responsabilités les communistes y veillent et promeuvent le service public de la culture. Mais en vérité l’effort doit porter plus haut et ailleurs, sur les enjeux de la création, là où le réel est remis en cause, les habitudes questionnées, les conformismes balayés. Il n’y a pas de perspective communiste sans invention esthétique autant que sociale et nous savons combien le travail artistique en participe. Expérience individuelle accédant à une appropriation collective, il défriche le réel et déplace le regard, ce qui le rend précieux.

En retour cette expérience collective est source d’enrichissement individuel. Le « libre épanouissement de chacun » dont nous parle Marx est intrinsèquement lié à la capacité de chaque individu à prendre part au mouvement créatif. C’est de leur grande proximité avec ces questions que s’est construite l’autorité des communistes. À l’exact opposé du monde voulu par la famille Villiers, le richissime Stérin ou la pieuvre Bolloré, fait de falsification, de mensonges historiques et autres mystifications et manipulations imposés à un public que l’on espère crédule et prêt à tout accepter car sévèrement conditionné par un arsenal médiatique omniprésent flanqué de son système de surveillance et soumis aux injonctions du marketing. Alors, ni combat défensif, ni préservation d’un système, rendons familière l’idée communiste d’une démocratie populaire, cultivée, écologique et sociale, faisant toute sa place à la complexité du monde et pariant sur l’intelligence, la sensibilité et la connaissance, en un mot : la création. À quelques mois de municipales décisives, les nouveaux États généraux de la culture vont participer de cet élan conquérant.

Denis Lanoy (Gard)

Edgard Garcia (Seine-Saint-Denis)

Collectif culture du PCF

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