Les politiques
publiques de la culture sont en danger et avec elles cette composante
fondatrice de la démocratie que sont l’art et la création. Denis Lanoy et Edgar
Garcia, du collectif culture du PCF, appellent les communistes à riposter
« sur les enjeux de la création, là où le réel est remis en cause, les
habitudes questionnées, les conformismes balayés ».
Ça bout dans la
culture. Les mobilisations grandissantes comme l’écho favorable rencontré par
l’Appel de la Bellevilloise initie en mars par des artistes, élus et acteurs
culturels répondant à l’invitation du PCF témoignent de l’urgence ressentie
partout à construire un nouveau rapport de force. Les politiques publiques de
la culture sont en danger et avec elles cette composante fondatrice de la
démocratie que sont l’art et la création.
Occupées avec
acharnement à sauvegarder le capitalisme et donc à en renouveler les cadres,
droite et extrême droite, travaillent avec efficacité à imposer leur vision du
monde et des rapports humains et à en organiser l’acceptation. Drapée des
atours de la modernité numérique et soigneusement cellophanée, cette vision
cultive un individualisme forcené, brutal et masculiniste totalement soumis aux
lois du marché, piétine la pensée rationnelle et les connaissances
scientifiques, elle revisite l’histoire au profit d’un roman nationaliste et
réactionnaire, elle quadrille l’imaginaire et range la création artistique avec
les ustensiles du marketing. Jamais attaque n’a été aussi violente et
déterminée. Les réductions brutales de subventions que nous observons en
témoignent, ce n’est pas qu’une affaire de moyens. Le discours de la présidente
des Pays de Loire porte un projet de rupture, dont la détestation des artistes
n’est pas la moindre des caractéristiques. C’est clair, la riposte doit
s’organiser.
Comment ?
De longue date les communistes mettent la culture au cœur de leur projet, leur
passé parlant pour eux. Mais le compte n’y est pas aujourd’hui. Les admirables
constructions culturelles qui caractérisent notre pays ont certes besoin d’être
préservées, renforcées et dotées correctement. Partout où ils exercent des
responsabilités les communistes y veillent et promeuvent le service public de
la culture. Mais en vérité l’effort doit porter plus haut et ailleurs, sur les
enjeux de la création, là où le réel est remis en cause, les habitudes
questionnées, les conformismes balayés. Il n’y a pas de perspective communiste
sans invention esthétique autant que sociale et nous savons combien le travail
artistique en participe. Expérience individuelle accédant à une appropriation
collective, il défriche le réel et déplace le regard, ce qui le rend précieux.
En retour cette
expérience collective est source d’enrichissement individuel. Le « libre
épanouissement de chacun » dont nous parle Marx est intrinsèquement lié à
la capacité de chaque individu à prendre part au mouvement créatif. C’est de leur
grande proximité avec ces questions que s’est construite l’autorité des
communistes. À l’exact opposé du monde voulu par la famille Villiers, le
richissime Stérin ou la pieuvre Bolloré, fait de falsification, de mensonges
historiques et autres mystifications et manipulations imposés à un public que
l’on espère crédule et prêt à tout accepter car sévèrement conditionné par un
arsenal médiatique omniprésent flanqué de son système de surveillance et soumis
aux injonctions du marketing. Alors, ni combat défensif, ni préservation d’un
système, rendons familière l’idée communiste d’une démocratie populaire,
cultivée, écologique et sociale, faisant toute sa place à la complexité du
monde et pariant sur l’intelligence, la sensibilité et la connaissance, en un mot :
la création. À quelques mois de municipales décisives, les nouveaux États
généraux de la culture vont participer de cet élan conquérant.
Denis Lanoy
(Gard)
Edgard Garcia
(Seine-Saint-Denis)
Collectif
culture du PCF

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