Ils étaient cent, ils étaient mille, des
pensées rouges sous leurs casques noirs. Nous étions cent, nous étions cent
mille, des cris de paix, de justice, dans nos bouches ardentes. Ils étaient
cent, ils étaient mille, des taches rouges sur leurs bâtons noirs. Nous étions
cent, nous étions cent mille. Des cris de douleur, de colère, dans nos bouches
sanglantes. Dis-le tout bas camarade, dis le bien haut. Hyppolyte est mort,
Raymond est mort, Édouard est mort, Jean-Pierre est mort et Daniel qui n’avait
pas seize ans est mort aussi. Dis-le tout bas camarade, dis le bien haut. Suzanne
est morte, Fanny est morte et Anne qui n’avait pas 24 ans est morte aussi. Maurice
est mort longtemps après. Aïd, lui, n’arrive pas à mourir. Dis-le tout bas,
dis-le bien haut camarade. Ils étaient cent, ils étaient mille. Haineux,
casqués, haineux bottés, haineux armés. Ils étaient cent, ils étaient mille. Gardes
du Prince, déchaînés. Nous étions cent, nous étions cent mille à manifester, cent
mille et onze martyrs.
mardi 8 février 2022
Ils étaient cent, ils étaient mille !
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Bravo, robert pour ce magnifique texte. Nous n'oublions pas.je n'étais pas à Paris à l'époque mais dirigeant de la jc dans le Var, je manifestais avec mes camarades. Ni oubli,ni pardon. Amitiés.
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