Jamais,
peut-être, un congrès du PCF ne s’était tenu dans une période où l’actualité
était à ce point un rappel permanent de ce que doit être l’utilité d’un parti
communiste dans la société. Le monde est marqué par la barbarie des guerres
impérialistes et les ravages de la crise climatique, qui frappent d’abord les
populations les plus modestes.
L’État fait
exploser les budgets militaires et protège les superprofits des ultra-riches,
tout en gelant les salaires et en privant de moyens les services publics essentiels
comme la santé, l’éducation et la justice. Dans le même temps, le récit
médiatique selon lequel une victoire du RN serait devenue une simple opération
d’arithmétique sert à fabriquer du renoncement.
Cette petite
musique dépossède les citoyens de leur pouvoir. Or, la politique n’est pas une
langue morte. Elle est un champ de confrontation vivant, fait de colères,
d’espérances, de mobilisations et de choix. Aucun résultat n’est inscrit
d’avance tant qu’un peuple refuse d’être spectateur.
L’urgence est
donc de briser ce carcan idéologique. Immigration, islam et insécurité saturent
les plateaux dans un gigantesque détournement d’attention. La vraie ligne de
fracture n’oppose pas les travailleurs selon leur origine, elle oppose les
exploités et les exploiteurs. Et c’est pour ces derniers que roule le RN.
Dès qu’il
s’agit de toucher aux puissances d’argent, le parti de Le Pen est aux abonnés
absents. Il parle de protection, mais c’est celle des privilégiés. Ce parti ne
combat pas le système, il se coule dedans pour préserver les intérêts de la
bourgeoisie séparatiste.
Car le
véritable séparatisme qui mine la République c’est le séparatisme des
milliardaires : celui de l’optimisation fiscale, des quartiers protégés et
des conseils d’administration hors-sol, pendant que l’on demande aux autres de
se serrer la ceinture. C’est ce séparatisme-là qui défait la promesse
républicaine pour mieux organiser une société au service des ultra-riches.
Quand le peuple
reprend la main, la donne change. Mais ce chemin suppose une présence concrète,
patiente, enracinée dans les quartiers, les entreprises, les villages et les
luttes. C’est aussi par cet ancrage que peut se reconstruire un sursaut, que
peut s’ouvrir une issue politique, sociale et collective. C’est là, la responsabilité
singulière et historique du PCF.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire