jeudi 2 juillet 2026

« Congrès du PCF : replacer la politique dans la vie réelle des gens », l’éditorial de Stéphane Sahuc.



Jamais, peut-être, un congrès du PCF ne s’était tenu dans une période où l’actualité était à ce point un rappel permanent de ce que doit être l’utilité d’un parti communiste dans la société. Le monde est marqué par la barbarie des guerres impérialistes et les ravages de la crise climatique, qui frappent d’abord les populations les plus modestes.

L’État fait exploser les budgets militaires et protège les superprofits des ultra-riches, tout en gelant les salaires et en privant de moyens les services publics essentiels comme la santé, l’éducation et la justice. Dans le même temps, le récit médiatique selon lequel une victoire du RN serait devenue une simple opération d’arithmétique sert à fabriquer du renoncement.

Cette petite musique dépossède les citoyens de leur pouvoir. Or, la politique n’est pas une langue morte. Elle est un champ de confrontation vivant, fait de colères, d’espérances, de mobilisations et de choix. Aucun résultat n’est inscrit d’avance tant qu’un peuple refuse d’être spectateur.

L’urgence est donc de briser ce carcan idéologique. Immigration, islam et insécurité saturent les plateaux dans un gigantesque détournement d’attention. La vraie ligne de fracture n’oppose pas les travailleurs selon leur origine, elle oppose les exploités et les exploiteurs. Et c’est pour ces derniers que roule le RN.

Dès qu’il s’agit de toucher aux puissances d’argent, le parti de Le Pen est aux abonnés absents. Il parle de protection, mais c’est celle des privilégiés. Ce parti ne combat pas le système, il se coule dedans pour préserver les intérêts de la bourgeoisie séparatiste.

Car le véritable séparatisme qui mine la République c’est le séparatisme des milliardaires : celui de l’optimisation fiscale, des quartiers protégés et des conseils d’administration hors-sol, pendant que l’on demande aux autres de se serrer la ceinture. C’est ce séparatisme-là qui défait la promesse républicaine pour mieux organiser une société au service des ultra-riches.

Quand le peuple reprend la main, la donne change. Mais ce chemin suppose une présence concrète, patiente, enracinée dans les quartiers, les entreprises, les villages et les luttes. C’est aussi par cet ancrage que peut se reconstruire un sursaut, que peut s’ouvrir une issue politique, sociale et collective. C’est là, la responsabilité singulière et historique du PCF.

 

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« Congrès du PCF : replacer la politique dans la vie réelle des gens », l’éditorial de Stéphane Sahuc.

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