On imagine bien
que Bernard Cazeneuve, proche de François Hollande dont il fut le premier
ministre, avait entendu, à l’époque, les mots de ce dernier au Bourget où il
avait lancé sa candidature à l’élection présidentielle : « Mon
adversaire, c’est la finance. » Prétendant désormais et à son tour à
ce qu’on appelle la magistrature suprême, avec toute la rigueur qu’on lui prête,
il a créé il y a quelques jours, le 16 juin, son site de campagne, où il « souligne
son engagement né à gauche ».
Mais Bernard
Cazeneuve est aussi avocat, spécialisé dans le conseil aux entreprises
concernant « l’éthique des affaires », dans un cabinet prestigieux,
le cabinet August Debouzy. Lequel a organisé le 17 juin, révèle notre
confrère Mediapart, une conférence pour ses riches clients sur le thème :
« Transfert de siège social à l’étranger : aspects fiscaux et
juridiques ». En clair, comment échapper au fisc. Pas de commentaire pour
Bernard Cazeneuve, connu pour son humour décalé et très « british ».
La finance a des ennemis, mais elle a de bons avocats.

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