C’est devenu un
automatisme. Un drame survient — la mort tragique du jeune
Louis — et la machine de récupération de
l’extrême droite s’empare du drame. En l’espèce, dans les premières heures,
c’est la tentative d’imposer la rhétorique du « francocide »
dans l’espace médiatique.
L’enjeu :
plaquer une grille de lecture ethno-identitaire immédiate, en faisant du crime
l’épisode d’une guerre civile en cours. Lorsque l’enquête progresse et que les
faits viennent faire voler cette fable en éclats, l’histoire change avec une
formidable plasticité.
Exit le « francocide ».
Les fabricants de haine et de division opèrent un virage sémantique vers l’« ensauvagement »
ou la « décivilisation ». Le coupable idéal change de visage,
mais la conclusion reste identique : une partie de la société est
dangereuse.
Alors, pour
légitimer une chaîne d’équivalences anxiogènes où tout se vaut, on mêle un
meurtre sordide, des débordements un soir de
victoire du PSG ou de simples
incivilités liées à la canicule et l’on pointe du doigt ceux que l’on définit
d’une formule : « Toujours les mêmes ».
Le gommage
méthodique de toutes les problématiques de classe construit ainsi
artificiellement le sentiment d’une anomie totale. L’enjeu : convaincre la
société qu’il serait désormais impossible de vivre ensemble et pousser chaque
citoyen à se barricader derrière des blocs identitaires étanches.
Le véritable objectif de l’extrême
droite et de ses relais médiatiques est
d’arriver à un point de non-retour. Avec l’instrumentalisation systématique des
faits divers, ils visent ce point de bascule où la frénésie numérique finit par
se transformer en violence dans la rue.
Ce moment où la
haine de l’autre se substitue à la solidarité de classe. L’extrême droite
cherche à importer le modèle des violentes attaques racistes qui ont
ensanglanté Belfast au début de cette année 2026. Ce qu’elle veut, c’est
utiliser les mois qui nous séparent des échéances électorales pour faire un
pari sur la haine afin d’installer un climat de terreur. La Fête de l’Humanité
et sa préparation doivent être une opportunité de déjouer ce piège.

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