Profiteurs de
guerre. L’expression fait horreur à l’ancien président du Medef, Geoffroy
Roux de Bézieux : il la trouve « absolument
scandaleuse ». Elle ne fait pourtant que désigner la réalité crue des
profits exorbitants accumulés par quelques capitalistes à la faveur de la
guerre en Iran.
Elle dit sans
fard tout le cynisme de ceux qui s’enrichissent pendant que le monde s’embrase.
Les faits sont là : les conflits armés ont un effet dopant sur les
spéculateurs. En Ukraine, à Gaza, en Iran, au Liban… là où l’œil saisit des
champs de ruines, les multinationales flairent les bénéfices.
Dans
l’industrie de l’armement d’abord. Les budgets militaires s’envolent, les achats d’armes et de
munitions explosent, les carnets
de commandes débordent. Une aubaine pour la France, deuxième exportateur
mondial, qui a déjà enregistré en 2024 le montant record de 21,6 milliards
d’euros de commandes de matériel militaire, sans parler des exportations de
biens à double usage (15,7 milliards d’euros, en hausse de 42 %).
Mais c’est
l’industrie pétrolière et gazière qui enregistre les
profits les plus faramineux et les plus
immédiats. Le choc provoqué par le blocage du détroit d’Ormuz et la crainte de
ruptures d’approvisionnement font flamber les cours du baril et les marges
suivent.
Résultat :
TotalEnergies affiche au
premier trimestre un bénéfice net de 5 milliards d’euros, en hausse de plus de 50 % sur un an. Devant
cette curée, Sébastien Lecornu, les bras ballants, implore le géant pétrolier
de « redistribuer » ses « surprofits » par un
« plafonnement généreux » des prix à la pompe.
Ce laisser-faire
coûte cher aux Français. Il laisse entrevoir une spirale
inflationniste qui grèvera
durement et durablement leurs budgets. Car les traders galvanisés par la crise
ne jouent pas seulement sur les marchés de l’énergie. Les enchères s’enflamment
sur toutes les matières premières, jusqu’aux produits alimentaires.
Il est vain
d’attendre une quelconque autorégulation des accapareurs. La main invisible du
marché ne fait jamais rien ruisseler : elle draine l’argent vers l’argent.
Contre ces logiques de prédation, un choix s’impose : bloquer les prix,
taxer les profits.

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