Les basses œuvres du député
ciottiste Charles Alloncle sont marquées
du sceau de Vincent Bolloré. Porte-voix du milliardaire d’extrême droite, le
rapporteur de la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public a
transformé les auditions dans l’enceinte de l’Assemblée nationale en tribunal
d’inquisition. Insinuations, supputations, allégations, Charles Alloncle a
ressuscité un maccarthysme d’outre-tombe. Bien mal lui en a pris.
L’élu fait
aujourd’hui l’objet d’une plainte pour « prise illégale d’intérêts »
et « trafic d’influence passif » à la suite des révélations du
journal le Monde selon lesquelles la direction des affaires
institutionnelles du groupe d’Arnaud Lagardère, contrôlé par Vincent Bolloré,
aurait orienté les questions de certains députés.
À l’aune de ces
agissements, rien d’étonnant à ce que le rapport de 400 pages, adopté in
extremis grâce aux voix de la droite, de l’extrême droite et d’une partie de la
minorité présidentielle, plaide pour la mise à mort du service public de
l’audiovisuel. Fusion de chaînes de télévision, suppression de programmes à la
pelle, réduction drastique des grilles sportives… Les recommandations de
Charles Alloncle, ouvertement
inspirées du programme du Rassemblement national, demandent une amputation de
25 % du budget du secteur.
Alloncle et
consorts rêvent de privatiser ce service public, de le jeter en pâture dans un
écosystème médiatique bollorisé et soumis à la concurrence des plateformes. Ces
porte-flingues en costard-cravate entendent dégommer les piliers de ces
missions : informer, cultiver, distraire. La mise au pas idéologique est
sans équivoque lorsque le député de l’Hérault, obsédé par la partialité des
salariés, exige un droit de réserve des figures de la télévision et de la radio
publiques et va jusqu’à demander que les dirigeants de France Télévisions et
Radio France soient nommés de la main du président de la République.
La mise
sous-tutelle politique serait totale dans l’éventualité d’une victoire de
l’extrême droite à la présidentielle de 2027. Contrairement aux
affirmations de la ministre de la Culture, qui entend accélérer les réformes, ce réquisitoire dicté par Vincent
Bolloré mérite de finir au fond d’un tiroir poussiéreux de l’Assemblée.

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