mardi 5 mai 2026

« Le rapport Alloncle : une charge contre le service public dicté par Bolloré », l’éditorial de Cathy Dos Santos.



Les basses œuvres du député ciottiste Charles Alloncle sont marquées du sceau de Vincent Bolloré. Porte-voix du milliardaire d’extrême droite, le rapporteur de la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public a transformé les auditions dans l’enceinte de l’Assemblée nationale en tribunal d’inquisition. Insinuations, supputations, allégations, Charles Alloncle a ressuscité un maccarthysme d’outre-tombe. Bien mal lui en a pris.

L’élu fait aujourd’hui l’objet d’une plainte pour « prise illégale d’intérêts » et « trafic d’influence passif » à la suite des révélations du journal le Monde selon lesquelles la direction des affaires institutionnelles du groupe d’Arnaud Lagardère, contrôlé par Vincent Bolloré, aurait orienté les questions de certains députés.

À l’aune de ces agissements, rien d’étonnant à ce que le rapport de 400 pages, adopté in extremis grâce aux voix de la droite, de l’extrême droite et d’une partie de la minorité présidentielle, plaide pour la mise à mort du service public de l’audiovisuel. Fusion de chaînes de télévision, suppression de programmes à la pelle, réduction drastique des grilles sportives… Les recommandations de Charles Alloncle, ouvertement inspirées du programme du Rassemblement national, demandent une amputation de 25 % du budget du secteur.

Alloncle et consorts rêvent de privatiser ce service public, de le jeter en pâture dans un écosystème médiatique bollorisé et soumis à la concurrence des plateformes. Ces porte-flingues en costard-cravate entendent dégommer les piliers de ces missions : informer, cultiver, distraire. La mise au pas idéologique est sans équivoque lorsque le député de l’Hérault, obsédé par la partialité des salariés, exige un droit de réserve des figures de la télévision et de la radio publiques et va jusqu’à demander que les dirigeants de France Télévisions et Radio France soient nommés de la main du président de la République.

La mise sous-tutelle politique serait totale dans l’éventualité d’une victoire de l’extrême droite à la présidentielle de 2027. Contrairement aux affirmations de la ministre de la Culture, qui entend accélérer les réformes, ce réquisitoire dicté par Vincent Bolloré mérite de finir au fond d’un tiroir poussiéreux de l’Assemblée.

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