L’Union
européenne doit enfin parler d’une même voix face à la tragédie que subit le
peuple palestinien. Jusqu’à présent, les Vingt-Sept ont été incapables
d’adopter une position commune et forte, propre à infléchir l’entreprise
génocidaire à laquelle se livre le gouvernement de Benyamin Netanyahou.
Même la
Commission européenne, que l’on peut difficilement cataloguer à l’extrême
gauche, a plaidé pour une suspension totale ou
au moins partielle de l’accord d’association entre
Bruxelles et Tel-Aviv afin de
contraindre les autorités israéliennes à cesser de perpétrer des crimes dans la
bande de Gaza et en Cisjordanie occupée. En vain. L’opposition de l’Allemagne
ou de la Hongrie, hier encore dirigée par Viktor Orban – chantre de l’extrême
droite internationale et allié des suprémacistes israéliens –, emmure l’Europe
dans un silence complice.
L’Espagne de
Pedro Sanchez, qui s’oppose avec courage aux oukases de la Maison-Blanche et
aux fossoyeurs de la charte des Nations unies, ne s’avoue pas vaincue. Ce mardi
21 avril, Madrid redemandera la suspension dudit accord, lors de la
réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE au Luxembourg. Le
principe, défendu par le président socialiste du gouvernement espagnol, ne
souffre aucun compromis : on ne commerce pas avec un pays qui viole
le droit international et piétine chaque jour l’article 2 de ce partenariat
économique, fondé sur « le respect des droits de l’homme et des
principes démocratiques ».
Les
réfractaires aux sanctions contre un gouvernement qui compte dans ses rangs des
criminels de guerre devraient procéder à un examen de conscience. Le cessez-le-feu d’octobre
2025 et l’entrée en vigueur du prétendu plan de paix de Donald Trump n’ont pas fait taire les armes : au moins 750
Palestiniens ont été tués depuis lors, portant à plus de 72 200 le nombre
de personnes assassinées à Gaza depuis le 7 octobre 2023. En Cisjordanie
occupée, les colons et l’armée israélienne sèment la terreur et la désolation
au mépris de toutes les résolutions onusiennes. Il est temps que l’UE cesse de
tourner le dos au droit international, au prix d’une faillite morale, humaine
et politique.

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