mardi 3 mars 2026

« Guerre en Iran : le cynisme criminel de Donald Trump », l’éditorial de Maurice Ulrich.



Le récit que Trump voudrait imposer au monde, relayé dans certains médias par les idiots utiles qui ne voient que la liesse en Iran après la mort du guide suprême, est une fable tragique. On bombarde, le régime s’effondre, la rue prend le pouvoir et accessoirement le fils de l’ancien shah cueille les fruits de la victoire, accueilli par la foule en fête.

Nul ne pleurera la mort de Khamenei après des années d‘oppression – en premier lieu des femmes –, de tortures, d’exécutions capitales, après le massacre de janvier dernier. Mais les bombes américaines et israéliennes dont on nous vante la précision quasi chirurgicale, images à l’appui, ne frappent pas que les dignitaires du régime.

Dès les premiers bombardements, une école primaire a été détruite, dans la ville de Minab. Ce que les militaires appellent un dommage collatéral. D’ores et déjà, Trump et Netanyahou sont comptables de la mort d’une centaine de fillettes. Combien de victimes « collatérales » à venir ?

Ce serait alors le prix à payer de la démocratie ? Foutaises ! Et qui peut croire que les mollahs vont s’effacer, que les gardiens de la révolution vont rendre les armes ? Que les citoyens à qui le régime a fourni des armes après les manifestations de janvier ne s’en serviront pas ? Oui, il y a eu des manifestations de joie. Et il y eut aussi à Téhéran, et dans d’autres villes, des foules pour soutenir le régime et clamer leur colère contre Israël et les États-Unis.

Et même s’il était réellement affaibli, le régime n’en serait pas moins dangereux pour autant. Comment aujourd’hui des manifestants, s’il en est qui ont ce courage, ne seraient-ils pas aussitôt dénoncés comme des traîtres à la nation et des complices des agresseurs et de leurs crimes ?

Par quel étrange miracle Donald Trump serait-il soucieux d’ailleurs de la démocratie en Iran ? Avec la complicité de l’État génocidaire qui a détruit Gaza, il s’est engagé dans une guerre à très haut risque pour le monde, pour des motifs inavouables et dont on ne sait combien de temps elle peut durer et avec quelles conséquences. Pour la justifier, il a manipulé et manipule le peuple iranien en souffrance avec un cynisme criminel qui ne compte pas les morts.

 

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