Le récit que Trump voudrait
imposer au monde,
relayé dans certains médias par les idiots utiles qui ne
voient que la liesse en Iran après la mort du guide suprême, est
une fable tragique. On bombarde, le régime s’effondre, la rue prend le
pouvoir et accessoirement le fils de l’ancien shah cueille les fruits
de la victoire, accueilli par la foule en fête.
Nul ne pleurera
la mort de Khamenei après des années d‘oppression – en premier
lieu des femmes –, de tortures, d’exécutions capitales, après le massacre
de janvier dernier. Mais les bombes américaines et israéliennes
dont on nous vante la précision quasi chirurgicale, images à l’appui, ne
frappent pas que les dignitaires du régime.
Dès les premiers
bombardements, une école primaire a été détruite, dans la
ville de Minab. Ce que les militaires appellent un dommage
collatéral. D’ores et déjà, Trump et Netanyahou sont
comptables de la mort d’une centaine
de fillettes. Combien de victimes « collatérales » à
venir ?
Ce serait alors
le prix à payer de la
démocratie ? Foutaises ! Et qui
peut croire que les mollahs vont s’effacer, que les gardiens de la
révolution vont rendre les armes ? Que les citoyens à qui le régime a
fourni des armes après les manifestations de janvier ne s’en serviront
pas ? Oui, il y a eu des manifestations de joie. Et il y eut aussi à
Téhéran, et dans d’autres villes, des foules pour soutenir le régime et clamer
leur colère contre Israël et les États-Unis.
Et même s’il
était réellement affaibli, le régime n’en serait pas moins dangereux pour
autant. Comment aujourd’hui des manifestants, s’il en est qui ont ce
courage, ne seraient-ils pas aussitôt dénoncés comme des traîtres à
la nation et des complices des agresseurs et de leurs crimes ?
Par quel
étrange miracle Donald Trump serait-il soucieux d’ailleurs de la démocratie en
Iran ? Avec la complicité de l’État génocidaire qui a détruit Gaza, il s’est engagé dans une guerre à très haut risque
pour le monde, pour des motifs inavouables et dont
on ne sait combien de temps elle
peut durer et avec quelles conséquences. Pour la justifier,
il a manipulé et manipule le peuple iranien en souffrance avec un
cynisme criminel qui ne compte pas les morts.

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