Retraites :
le tombeau de Mac Macron…
Suspension Tout est
toujours affaire de regard, et de compréhension. Ceux à qui il reste des yeux
pour voir et un cerveau pour réfléchir se passent très bien des commentaires
foireux des éditocrates de la haute, qui squattent désormais tous les plateaux
des chaînes d’info en continu. Donc : suspension de la réforme
des retraites. Qui l’eût cru
il y a quelques semaines en arrière ? Question néanmoins : cela
signifie-t-il une suspension des crises politiques, sociales et
institutionnelles qui minent le pays ? Certainement pas.
Le spectacle
est bestial, et rien ne s’achèvera en quelques semaines. Le « coup »
tactique et politique du Parti socialiste, qui a contraint le premier sinistre
à lâcher sur la maudite (et emblématique) réforme de Mac Macron II, nous
instruit au moins sur une évidence, répétée dans ces colonnes des dizaines et
des dizaines de fois. La maudite réforme des retraites était bien le point
nodal, comme un axe référencé, une sorte de mètre-étalon symptomatique, de la
chute programmée de cette Macronie abjecte.
Comme un
boomerang, le fameux dossier des retraites, avec ses cortèges de passages en
force au Parlement que personne n’a oubliés par leur caractère
antidémocratique, aura paradoxalement accéléré le processus de conscientisation
politique du pays en tant qu’expérimentation du cadre institutionnel qui est le
nôtre, aussi aberrant que violent.
Que le totem des
retraites soit revenu sur la table pour – temporairement – sauver la mise d’un
gouvernement de bric et de broc n’a rien d’un hasard. Depuis 2023, les Français
refusent cette réforme. Et les citoyens ont eu le temps de découvrir dans le
détail les travers de la Constitution et du noyautage parlementaire. Sans
parler de ce qu’il serait possible d’en faire entre les mains de l’extrême
droite…
Traces Bien qu’il n’en ait jamais tenu
compte, Mac Macron II savait pertinemment qu’il avait perdu la bataille des consciences
comme celle de l’opinion, définitivement, provoquant lui-même, par son
arrogance, sa déconnexion du monde réel et son mépris du peuple, la plus grave
crise politique et sociale de notre République au XXIe siècle.
Elle a laissé et laissera des empreintes durables, sans doute encore
insoupçonnables.
Sans surprise,
l’avenir de nos retraites a fonctionné en point d’accroche existentielle,
révélant une colère profonde et légitime. Les traces du temps long, en quelque
sorte. Un acte et un passif qui ne passaient pas. Le premier sinistre, par ses
mots ce mardi, a au moins tiré une leçon : la Constitution telle qu’elle
s’exerce, l’organisation des pouvoirs publics, la démocratie et donc la
République, même par son cadre parlementaire, ne correspondent plus aux
attentes ni aux exigences de solidarité, de justice et à l’aspiration
croissante à un nouveau mode de développement.
Sa
conclusion ? Place aux parlementaires. Pourquoi pas. Mais attention. Le
dossier des retraites, comme les discussions sur le budget ou sur le
PLFSS, peuvent toujours s’achever par la
force. Fin décembre, ou en janvier, est-il totalement exclu que le gouvernement
n’en vienne pas à procéder par ordonnances ? Signer des ordonnances en
ultimes recours signifierait-il autre chose qu’un 49.3 déguisé ?
Déclassement Voilà pourquoi rien n’est inscrit dans le marbre. Dans
le fond de l’air fétide, quelque chose continue de donner une impression de fin
de régime. Quelque soit Quel que soit est en cours, de nombreux ex-macronistes,
en coulisse, se disent lucides sur le « moment » et l’ampleur
de la colère populaire, qui ne redescendra pas de sitôt face aux injonctions
surréalistes du pyromane de l’Élysée.
À la vérité,
comment s’étonner que le prince-président n’admette que du bout des lèvres la
réalité de cette crise sans précédent, lui qui a usé et abusé de son
autoritarisme jupitérien. Par son arrogance de classe, il a tout balayé :
les corps intermédiaires, la vie parlementaire, le peuple… Et en utilisant tous
les moyens les plus vils et tous les effets de la dramatisation, ce qui n’est
évidemment pas le signe d’une démocratie progressiste et mature.
Avec Mac
Macron, le terme même de « foule » avait pris un autre sens, lui qui
tentait d’invisibiliser les mobilisations contre la réforme des retraites,
comme la démocratie sociale. Politiquement et métaphoriquement, le dossier des
retraites restera pour les historiens du futur comme le tombeau de Mac Macron.
Et ce dernier incarnera pour longtemps cette forme de déclassement à la
française qui nous fait si honte…

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