vendredi 17 octobre 2025

« Boomerang(s) », le bloc-notes de Jean-Emmanuel Ducoin.



Retraites : le tombeau de Mac Macron…

Suspension Tout est toujours affaire de regard, et de compréhension. Ceux à qui il reste des yeux pour voir et un cerveau pour réfléchir se passent très bien des commentaires foireux des éditocrates de la haute, qui squattent désormais tous les plateaux des chaînes d’info en continu. Donc : suspension de la réforme des retraites. Qui l’eût cru il y a quelques semaines en arrière ? Question néanmoins : cela signifie-t-il une suspension des crises politiques, sociales et institutionnelles qui minent le pays ? Certainement pas.

Le spectacle est bestial, et rien ne s’achèvera en quelques semaines. Le « coup » tactique et politique du Parti socialiste, qui a contraint le premier sinistre à lâcher sur la maudite (et emblématique) réforme de Mac Macron II, nous instruit au moins sur une évidence, répétée dans ces colonnes des dizaines et des dizaines de fois. La maudite réforme des retraites était bien le point nodal, comme un axe référencé, une sorte de mètre-étalon symptomatique, de la chute programmée de cette Macronie abjecte.

Comme un boomerang, le fameux dossier des retraites, avec ses cortèges de passages en force au Parlement que personne n’a oubliés par leur caractère antidémocratique, aura paradoxalement accéléré le processus de conscientisation politique du pays en tant qu’expérimentation du cadre institutionnel qui est le nôtre, aussi aberrant que violent.

Que le totem des retraites soit revenu sur la table pour – temporairement – sauver la mise d’un gouvernement de bric et de broc n’a rien d’un hasard. Depuis 2023, les Français refusent cette réforme. Et les citoyens ont eu le temps de découvrir dans le détail les travers de la Constitution et du noyautage parlementaire. Sans parler de ce qu’il serait possible d’en faire entre les mains de l’extrême droite…

Traces Bien qu’il n’en ait jamais tenu compte, Mac Macron II savait pertinemment qu’il avait perdu la bataille des consciences comme celle de l’opinion, définitivement, provoquant lui-même, par son arrogance, sa déconnexion du monde réel et son mépris du peuple, la plus grave crise politique et sociale de notre République au XXIe siècle. Elle a laissé et laissera des empreintes durables, sans doute encore insoupçonnables.

Sans surprise, l’avenir de nos retraites a fonctionné en point d’accroche existentielle, révélant une colère profonde et légitime. Les traces du temps long, en quelque sorte. Un acte et un passif qui ne passaient pas. Le premier sinistre, par ses mots ce mardi, a au moins tiré une leçon : la Constitution telle qu’elle s’exerce, l’organisation des pouvoirs publics, la démocratie et donc la République, même par son cadre parlementaire, ne correspondent plus aux attentes ni aux exigences de solidarité, de justice et à l’aspiration croissante à un nouveau mode de développement.

Sa conclusion ? Place aux parlementaires. Pourquoi pas. Mais attention. Le dossier des retraites, comme les discussions sur le budget ou sur le PLFSS, peuvent toujours s’achever par la force. Fin décembre, ou en janvier, est-il totalement exclu que le gouvernement n’en vienne pas à procéder par ordonnances ? Signer des ordonnances en ultimes recours signifierait-il autre chose qu’un 49.3 déguisé ?

Déclassement Voilà pourquoi rien n’est inscrit dans le marbre. Dans le fond de l’air fétide, quelque chose continue de donner une impression de fin de régime. Quelque soit Quel que soit est en cours, de nombreux ex-macronistes, en coulisse, se disent lucides sur le « moment » et l’ampleur de la colère populaire, qui ne redescendra pas de sitôt face aux injonctions surréalistes du pyromane de l’Élysée.

À la vérité, comment s’étonner que le prince-président n’admette que du bout des lèvres la réalité de cette crise sans précédent, lui qui a usé et abusé de son autoritarisme jupitérien. Par son arrogance de classe, il a tout balayé : les corps intermédiaires, la vie parlementaire, le peuple… Et en utilisant tous les moyens les plus vils et tous les effets de la dramatisation, ce qui n’est évidemment pas le signe d’une démocratie progressiste et mature.

Avec Mac Macron, le terme même de « foule » avait pris un autre sens, lui qui tentait d’invisibiliser les mobilisations contre la réforme des retraites, comme la démocratie sociale. Politiquement et métaphoriquement, le dossier des retraites restera pour les historiens du futur comme le tombeau de Mac Macron. Et ce dernier incarnera pour longtemps cette forme de déclassement à la française qui nous fait si honte…

 

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