mercredi 13 août 2025

Macron maltraite la jeunesse, l’éditorial d’Olivier Chartrain.



Le plus jeune président de la Ve République a-t-il un problème avec… la jeunesse ? Le nouveau rapport du syndicat étudiant Unef l’atteste : ses huit ans de pouvoir l’ont mise à genoux. Depuis 2017, le coût de la vie étudiante a grimpé de près de 32 %. Les dispositifs d’aide, qu’il s’agisse des bourses, du logement, de la nourriture… sont laissés à l’abandon.

Cette jeunesse-là a tout d’une génération sacrifiée. Elle a perdu, depuis 1969, une année entière de scolarité rien qu’en primaire, décidée par ceux-là mêmes qui aboient à la « baisse du niveau ».

Elle a subi, enfermée dans ses quartiers quadrillés par la police, des confinements qui ont fait exploser les inégalités dans une école réduite à la misère – pour le bonheur des promoteurs d’une éducation ravalée au rang de produit marchand, accessible à qui peut se l’offrir.

Elle a subi les réformes Blanquer du bac et Parcoursup, sources d’angoisses, d’inégalités et d’injustices terribles, qui interdisent aux étudiants d’être les acteurs de leur propre avenir ; et cette jeunesse en a parfaitement saisi le message ultime : au festin du macronisme social, seuls les meilleurs seront invités, les autres seront au menu. Emmanuel Macron n’est pas Jupiter : il est Cronos, dévorant ses propres enfants.

Cette jeunesse, nous dit-on, va mal. Et c’est vrai : tous les indicateurs de santé mentale sont au rouge. Des enfants se suicident à peine entrés au collège. Mais comment s’en étonner ?

Tout ce que Macron leur propose, c’est la glorification de la « gifle éducative », l’apprentissage à 14 ans ou la militarisation de la Journée de la défense et de la citoyenneté. Pourtant, ce sont eux qui prennent en charge la solidarité avec leurs camarades qui n’arrivent plus à se nourrir, eux qui soutiennent massivement le peuple palestinien, eux qui montrent sur Internet une créativité qui échappe aux adultes…

Une des questions majeures posées à la gauche qui prétend changer la société, c’est comment faire la preuve auprès de cette jeunesse qu’elle a, elle, d’autres perspectives à lui proposer.

 

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