L’Union
nationale des étudiants de France pointe un manque alarmant de logements et une
hausse des frais dans son enquête annuelle sur l’évolution du coût de la vie
étudiante qui paraît ce 14 août.
Cette année
encore, la précarité étudiante bat tous les records dans l’Hexagone. L’Union nationale des étudiants de France (Unef) dévoile, ce jeudi 14 août, sa
traditionnelle enquête annuelle sur l’évolution du coût de la vie et, sans
surprise, le bilan est alarmant.
« On constate des augmentations de plus en plus fortes, comme chaque
année malheureusement », note, amère, Hania Hamidi, secrétaire générale de l’Unef. Entre 2024 et
2025, le coût de la vie étudiante a crû de 4,12 %, soit 807 euros de dépenses
annuelles supplémentaires. Des chiffres qui viennent creuser toujours plus le
gouffre créé par la politique universitaire d’Emmanuel Macron. Depuis 2017 et
le début de son premier quinquennat, ces frais ont bondi de 31,88 %.
Pour expliquer
cette hausse retentissante, trois secteurs sont principalement pointés par
l’enquête de l’Unef. En premier lieu, l’immobilier. Le prix des
loyers continue d’augmenter et fait enfler
la problématique du mal-logement chez les étudiants. Rares sont les jeunes à
pouvoir avoir accès aux logements du Crous et le marché de la location privée
est totalement saturé.
À l’heure
actuelle, seuls 6 % des étudiants y habitent et les projets d’urbanisme
patinent. En 2017, Emmanuel Macron avait annoncé en grande pompe vouloir faire
construire 60 000 logements Crous en l’espace de cinq ans. Aujourd’hui, à
peine 10 % d’entre eux sont sortis de terre.
« Le compte n’est pas bon, déplore Hania Hamidi. Des promesses ont aussi continué à être
faites. En Île-de-France notamment, certaines habitations construites pour les jeux Olympiques devaient être réhabilitées en logements Crous, mais,
un an après, on n’a aucune nouvelle de ce projet. »
Les frais de
transport ont aussi gonflé cette année, tout comme les prix de la nourriture.
Mise en lumière durant la crise du Covid, la précarité alimentaire des
étudiants est loin d’avoir été réglée. Si la généralisation des repas Crous à
1 euro pour tous a été adoptée à l’Assemblée nationale, sa mise en place
semble utopique pour la secrétaire générale de l’Unef.
« Avec les moyens qui sont mis dans le Crous, on sait que ce n’est pas réalisable, tranche-t-elle. Il faut fournir plus de
financements à ce dispositif pour qu’il puisse vraiment aider les
étudiants. » Par ailleurs, ces repas sont la plupart du temps composés
d’un sandwich et d’un maigre dessert, souvent trop peu pour les besoins
nutritionnels des jeunes.
Une autre
problématique soulevée par l’enquête est l’explosion des formations privées dans
l’enseignement supérieur. En 2025,
26 % des étudiants sont scolarisés dans un établissement privé contre
20 % en 2021. Depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron à la tête de l’État, ce
nombre a même augmenté de 53,79 %.
Selon l’Unef,
le manque d’investissements et la hausse du nombre d’élèves fragilisent les
universités. « Pour nous, les moyens alloués aux établissements publics
devraient augmenter afin de pouvoir accueillir plus d’étudiants, dans de bonnes
conditions, avance Hania Hamidi. Il faudrait aussi revoir le
système Parcoursup qui pousse les jeunes vers des formations privées à cause de
la sélectivité. » Pour ce type de filières, les frais d’inscription annuels
atteignent, en moyenne, la somme exorbitante de 11 542 euros.
En réponse à
tous ces défis économiques, les aides sociales sont bien souvent trop maigres.
En France, 76 % des étudiants sont notamment
exclus des systèmes de bourses. « On nous avait promis une réforme du système boursier il y a
cinq ans, mais il n’y a toujours rien sur la table », regrette
Hania Hamidi. L’Unef plaide pour la mise en place d’une allocation d’autonomie
universelle afin de maintenir chaque étudiant au-dessus du seuil de pauvreté.
Dans tout ce
micmac, les plus touchés sont les élèves étrangers (hors Europe) qui doivent
s’acquitter de frais de scolarité seize fois supérieurs à ceux de leurs
camarades, sans aides équivalentes. Le syndicat étudiant rappelle que les
femmes, ou assignées femmes, sont aussi extrêmement défavorisées car
contraintes à débourser des sommes importantes dans les protections
menstruelles (un surcoût
annuel de 850 euros par rapport aux hommes).
Pour joindre
les deux bouts, nombre d’étudiants allient cours et emploi alimentaire, une
combinaison qui peut s’avérer risquée : l’Unef souligne que le salariat
est la première cause d’échec dans les études. « C’est compliqué quand
tu viens de faire une semaine de cours de rentrer chez toi pour travailler de
nuit à l’usine le week-end, confie Marie, étudiante à Angers. Forcément,
ça t’empêche d’avancer sur l’aspect scolaire par rapport à d’autres. C’est une
charge mentale en plus et un potentiel frein à la réussite. »

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