Jules Rimet
doit se retourner dans sa tombe. Le fondateur de la Coupe du monde de football
voyait dans cette compétition planétaire un moyen de favoriser les échanges
pacifiques entre nations, un outil de rapprochement et d’union autour de
l’universalité des valeurs sportives. Las, cette édition 2026 foule aux pieds
toutes ces belles intentions.
Sous la férule
du narcissique Donald Trump et du vénal patron de la Fifa, Gianni Infantino, la
grand-messe du ballon rond se résume à une vulgaire pompe à fric, où le spectacle
n’est considéré comme réussi que s’il génère sa montagne de dollars.
Personne ne
doit être naïf. L’élargissement de la compétition à 48 pays n’existe que pour
faire exploser les revenus commerciaux, les droits de diffusion et le
sponsoring. Les tarifs astronomiques des billets, soumis à la loi de l’offre et
de la demande, poursuivent la même logique. Et doivent permettre à la Fifa
d’atteindre son rêve : dépasser les 9 milliards de dollars de
revenus. Cette dérive mercantile trahit la dimension populaire de l’événement.
Et s’articule parfaitement avec les politiques xénophobes et d’exclusion de
l’hôte de la Maison-Blanche.
Sous prétexte
de sécurité nationale et de lutte contre l’immigration, Trump a interdit aux
ressortissants d’une vingtaine de pays de venir – du jamais-vu. Tout en
laissant planer le doute sur le rôle qu’auront les gros bras de l’agence
fédérale de l’immigration (ICE). Pour le président mégalomane, soyons-en sûrs,
cette Coupe du monde n’est rien d’autre qu’un business de plus. Une vitrine
opportune pour, une fois encore, mettre en scène sa propre personne devant les
caméras du monde entier.
Certes, la
Coupe du monde n’a jamais été une simple fête du football. Elle a toujours
servi pour ses organisateurs de vitrine politique, de soft power. Mais cette
édition 2026, lestée de toutes ses dérives, vire à la caricature. L’action
conjuguée des deux compères – Trump et Infantino – détourne l’essence même de
cette compétition. Et si le spectacle, des joueurs et des matchs, finira
toujours pas nous ravir, il ne doit pas, non plus, nous faire oublier que le
fonctionnement perverti de ce Mondial est à repenser de fond en comble.

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