jeudi 11 juin 2026

« Coupe du monde 2026 : une farce en mondovision ? », l’éditorial de Laurent Mouloud.



Jules Rimet doit se retourner dans sa tombe. Le fondateur de la Coupe du monde de football voyait dans cette compétition planétaire un moyen de favoriser les échanges pacifiques entre nations, un outil de rapprochement et d’union autour de l’universalité des valeurs sportives. Las, cette édition 2026 foule aux pieds toutes ces belles intentions.

Sous la férule du narcissique Donald Trump et du vénal patron de la Fifa, Gianni Infantino, la grand-messe du ballon rond se résume à une vulgaire pompe à fric, où le spectacle n’est considéré comme réussi que s’il génère sa montagne de dollars.

Personne ne doit être naïf. L’élargissement de la compétition à 48 pays n’existe que pour faire exploser les revenus commerciaux, les droits de diffusion et le sponsoring. Les tarifs astronomiques des billets, soumis à la loi de l’offre et de la demande, poursuivent la même logique. Et doivent permettre à la Fifa d’atteindre son rêve : dépasser les 9 milliards de dollars de revenus. Cette dérive mercantile trahit la dimension populaire de l’événement. Et s’articule parfaitement avec les politiques xénophobes et d’exclusion de l’hôte de la Maison-Blanche.

Sous prétexte de sécurité nationale et de lutte contre l’immigration, Trump a interdit aux ressortissants d’une vingtaine de pays de venir – du jamais-vu. Tout en laissant planer le doute sur le rôle qu’auront les gros bras de l’agence fédérale de l’immigration (ICE). Pour le président mégalomane, soyons-en sûrs, cette Coupe du monde n’est rien d’autre qu’un business de plus. Une vitrine opportune pour, une fois encore, mettre en scène sa propre personne devant les caméras du monde entier.

Certes, la Coupe du monde n’a jamais été une simple fête du football. Elle a toujours servi pour ses organisateurs de vitrine politique, de soft power. Mais cette édition 2026, lestée de toutes ses dérives, vire à la caricature. L’action conjuguée des deux compères – Trump et Infantino – détourne l’essence même de cette compétition. Et si le spectacle, des joueurs et des matchs, finira toujours pas nous ravir, il ne doit pas, non plus, nous faire oublier que le fonctionnement perverti de ce Mondial est à repenser de fond en comble.

 

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