Observer la nuée des
ministres voler au secours du patron de TotalEnergies dit autant de l’impuissance consentie de l’État
que de la voracité des grands groupes. Oui, le géant français des
hydrocarbures est un profiteur de guerre. Au sens
littéral et chiffres à l’appui.
Au premier
trimestre 2026, le mastodonte du CAC 40 a engrangé près de 5 milliards
d’euros de bénéfices – en hausse de 51 % sur un an – par la grâce du chaos
au Moyen-Orient. Le blocage du détroit d’Ormuz a dopé le prix du
baril, mais aussi – et surtout – les marges du raffinage. Un jackpot pour la
multinationale française dont la
branche qui y est consacrée a encaissé cinq fois plus que l’an dernier sur
la même période. Les faits. Juste les faits.
À la pompe, les
prix, eux, sont devenus fous. Les foyers modestes, les travailleurs
contraints d’utiliser leur véhicule, les oubliés des transports publics et des pans entiers de l’économie française subissent
la crise énergétique de plein fouet.
Mais l’État s’obstine
à refuser non seulement le blocage des prix, mais la taxation des
superprofits de Total et consorts pour porter les aides à la hauteur des
besoins. C’est qu’en face, Patrick Pouyanné bichonne le magot : « C’est
simple, si le gouvernement décide de taxer les raffineries, évidemment, la
politique de plafonnement, c’est lui qui devra l’appliquer. »
Un
plafonnement à 2 euros le litre, qui, en plus de rapporter à
l’entreprise des parts de marché conséquentes, demeure bien au-delà de ce que
peut assumer la grande majorité des automobilistes, une nouvelle fois
confrontés au dilemme infernal : faire le plein ou remplir
le frigo.
Quand Total
fait du chantage, la Macronie courbe l’échine. Quelle bassesse d’entendre Sébastien Lecornu se
contenter d’« encourager » la multinationale à faire un geste
commercial, son ministre des Transports
dénoncer un « Total bashing particulièrement désagréable », la
porte-parole de son gouvernement s’émouvoir des attaques contre « ce
fleuron qu’on adore détester ». Une reddition
lamentable qui illustre plus que jamais la nécessité de
nationaliser le secteur pétrolier.

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