C’est quand
même un peu embêtant que ce soit précisément dans une ville, Carpentras
(Vaucluse), où vient d’être élu un maire du
Rassemblement national (RN), que la
chanson Maréchal, nous voilà ! à la gloire de Pétain ait été diffusée,
par erreur nous dit-on, le 8 mai, depuis la mairie. Pas d’erreur à Liévin
(Pas-de-Calais), où le nouveau maire RN a fait disparaître, ce même 8 mai,
les drapeaux des alliés vainqueurs du nazisme pour ne tolérer que le drapeau
français… Huit jours après avoir supprimé, le 1er-Mai, l’hommage
rendu en mairie avec les syndicats aux luttes des mineurs et aux 42 victimes,
en 1974, d’un terrible coup de grisou.
Pas d’erreur à
Vierzon (Cher), où le nouveau maire
d’extrême droite a annulé la
journée officielle de commémoration de l’abolition de l’esclavage, le
10 mai. Pas d’erreur à Carcassonne (Aude) pour le nouveau maire RN, qui a
expulsé de ses locaux la Ligue des droits de l’homme après qu’elle a attaqué
son scandaleux arrêté contre la mendicité… On pourrait allonger la liste à
loisir. La stratégie de la cravate, mise en œuvre à la lettre par Jordan
Bardella, est un peu contraignante pour nombre d’élus.
Mais on ne
saurait en rester là, pas plus qu’en rester aux néofascistes de samedi
empêchés – enfin ! – de manifester. Ils
ne sont, osons le dire, que les salauds utiles du vaste projet en cours avec la
participation active de Vincent Bolloré et de sa presse, avec la bienveillance
du grand patronat, dont Bernard Arnault, pour qui l’arrivée au pouvoir du RN et
de ses dirigeants n’est plus une hypothèse d’école mais une opportunité.
La défaite en
Hongrie de Viktor Orban ne doit pas faire illusion. Au Royaume-Uni, Nigel
Farage est le grand vainqueur des nouvelles élections. Les extrêmes droites ont
repris la main en Amérique du Sud, comme au Chili où on réhabilite Pinochet et,
tout au sommet, les ultra-milliardaires techno-fascistes des États-Unis, qu’il
s’agisse d’Elon Musk, Peter Thiel ou d’autres, entendent bien, ce n’est plus de
la science-fiction, diriger le monde par tous les moyens, dont la sujétion
numérique. Nous ne sommes pas face à des nostalgies d’un ordre ancien, mais
littéralement face à la naissance d’un ordre nouveau dont nous avons la
responsabilité de mesurer la menace, ici et dans le monde

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire