Bombarder Gaza, torpiller l’aide humanitaire, enfermer
sans procès, torturer y compris les enfants, déplacer de force des populations
entières, absoudre les exactions des colons, humilier au quotidien ne
suffisaient donc pas. Le glissement autoritaire de l’État d’Israël sous
l’autorité d’un gouvernement de fanatiques extrémistes vient de franchir un
nouveau cap.
En votant ce lundi une
loi sur la peine de mort, le Parlement
israélien s’enfonce un peu plus dans l’abject. Le texte, qui vise sans
équivoque possible les Palestiniens, dispose que quiconque causerait « intentionnellement
la mort (…) dans le but de porter atteinte à l’État d’Israël ou avec
l’intention d’en nier l’existence » sera désormais passible de la
peine capitale.
Il en introduit
même l’automaticité concernant les Palestiniens de Cisjordanie occupée en cas
de mort dans le cadre d’une action « terroriste » –
qualificatif apposé systématiquement, sans distinction et surtout sans procès.
Les mots sont choisis, pesés, ils dessinent les contours d’un arsenal
législatif établi sur des critères racistes, officialisent l’apartheid,
institutionnalisent les exécutions.
Une loi comme
un clou enfoncé dans le cercueil de ce qu’il restait de l’État de droit, dans
un pays que d’aucuns osent encore qualifier d’exemple démocratique. À refuser
de considérer les faits, à justifier les
massacres, à nier le génocide en cours et à convoquer l’antisémitisme à chaque dénonciation des crimes de l’armée
israélienne, les soutiens inconditionnels de Tel-Aviv ont érigé une digue
d’impunité autour de Benyamin Netanyahou et de ses affidés.
Le résultat est
là, glaçant. Leur responsabilité, individuelle et collective, est plus que
jamais engagée. Le gouvernement israélien est devenu le bourreau de toute une
région, avec le soutien actif de
Washington et la complicité de la majorité des
chancelleries occidentales.
Qu’il est
pathétique d’entendre les Caroline Yadan, Raphaël Enthoven et consorts feindre
aujourd’hui l’effarement et quémander aux autorités de renoncer à cette loi
injustifiable. Qu’il est horripilant de voir Paris, Berlin, Rome et Londres se
contenter d’exprimer leur « profonde inquiétude » quand, à
défaut du courage de la sanction, l’Europe se drape depuis des mois dans
l’apathie de l’indignation.

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