mercredi 1 avril 2026

« Permis de tuer », le billet de Maurice Ulrich.



C’est comme un bijou. De ceux que l’on porte avec fierté. Pendant le débat à la Knesset en Israël instaurant la peine de mort pour les « terroristes », mot synonyme de Palestiniens, le ministre Ben Gvir arborait sur le revers de sa veste une broche en forme de nœud coulant, comme plusieurs de ses partisans.

La loi en question équivaut, plus qu’à l’exécution légale d’une décision de justice, à un permis de tuer, littéralement sans autre forme de procès. Mais on ne peut se détacher de l’image de cette broche, en plus des sucreries et des boissons pétillantes qui ont salué le vote.

Il n’y a sans doute rien de pire que des dirigeants criminels qui se flattent de leurs crimes. Il n’y a rien de pire dans tel pays qu’un peuple qui s’y accoutume. On souhaiterait se souvenir que les premières années d’Israël se voulaient progressistes, voire d’inspiration sociale. On se souvient de l’histoire, de la Shoah. C’est pourquoi on espère qu’il s’y trouve des forces, encore assez de forces, pour ne pas sombrer dans l’ignominie.

 

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