Sans doute
Gabriel Attal rêvait-il d’en faire un trophée. D’accrocher l’effacement du 1er mai au palmarès des régressions sociales. Mais grâce à la
mobilisation générale, CGT en tête, il n’en sera rien. Pour l’instant. N’en
déplaise à l’ex-premier ministre en mal de notoriété – et d’idées neuves –, il
ne s’agit pas là d’une date comme les autres, simple artifice calendaire qui
offrirait, les années fastes, l’opportunité d’un week-end prolongé.
Seul jour
chômé, payé et revendicatif, le 1er mai
incarne l’histoire du mouvement ouvrier, l’histoire de la lutte des classes. De ses racines plongées dans les
grandes grèves de la fin du XIXe siècle pour arracher au
patronat la journée de labeur de 8 heures à ses luttes actuelles, portées
par les cortèges syndicaux qui, chaque année, s’élancent aux quatre coins du
monde.
S’attaquer au
1er-Mai, c’est tenter, à nouveau, de mettre les travailleurs au pas. Une
obsession que les libéraux de tout poil partagent avec obstination. Si, pour la
Macronie, donner la possibilité aux salariés de travailler ce jour-là s’inscrit
dans la droite ligne d’une politique maculée de reculs sociaux, l’extrême
droite – à Liévin (Pas-de-Calais), le nouveau maire RN a même osé annuler la
cérémonie – y joue, elle, la régression par filiation.
Supprimé par les
fascistes italiens avant d’être rétabli en 1945, ce symbole des luttes sociales
est aussi passé sous les fourches caudines vichystes, remplacé en 1941 et à
l’initiative de Pétain par une « fête du travail » à la gloire de son
régime. Le 1er-Mai redeviendra, en 1947, ce qu’il n’aurait jamais dû
cesser d’être, grâce à la mobilisation sociale et à la détermination d’Ambroise
Croizat.
Face aux coups
de boutoir contre le droit du travail, la protection sociale, les libertés
individuelles, les progressistes, unis, doivent faire front. La Journée internationale
de lutte pour les droits des travailleuses et des travailleurs, c’est notre histoire, celle du mouvement ouvrier, de
ses combats, de ses conquis. Les réactionnaires en ont fait une cible, nous
continuerons d’en faire un symbole. Comme un brin de muguet dans un champ de
colères.

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