mercredi 29 avril 2026

« Le 1er mai incarne l’histoire de la lutte des classes, notre histoire », l’éditorial de Marion d’Allard.



Sans doute Gabriel Attal rêvait-il d’en faire un trophée. D’accrocher l’effacement du 1er mai au palmarès des régressions sociales. Mais grâce à la mobilisation générale, CGT en tête, il n’en sera rien. Pour l’instant. N’en déplaise à l’ex-premier ministre en mal de notoriété – et d’idées neuves –, il ne s’agit pas là d’une date comme les autres, simple artifice calendaire qui offrirait, les années fastes, l’opportunité d’un week-end prolongé.

Seul jour chômé, payé et revendicatif, le 1er mai incarne l’histoire du mouvement ouvrier, l’histoire de la lutte des classes. De ses racines plongées dans les grandes grèves de la fin du XIXe siècle pour arracher au patronat la journée de labeur de 8 heures à ses luttes actuelles, portées par les cortèges syndicaux qui, chaque année, s’élancent aux quatre coins du monde.

S’attaquer au 1er-Mai, c’est tenter, à nouveau, de mettre les travailleurs au pas. Une obsession que les libéraux de tout poil partagent avec obstination. Si, pour la Macronie, donner la possibilité aux salariés de travailler ce jour-là s’inscrit dans la droite ligne d’une politique maculée de reculs sociaux, l’extrême droite – à Liévin (Pas-de-Calais), le nouveau maire RN a même osé annuler la cérémonie – y joue, elle, la régression par filiation.

Supprimé par les fascistes italiens avant d’être rétabli en 1945, ce symbole des luttes sociales est aussi passé sous les fourches caudines vichystes, remplacé en 1941 et à l’initiative de Pétain par une « fête du travail » à la gloire de son régime. Le 1er-Mai redeviendra, en 1947, ce qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être, grâce à la mobilisation sociale et à la détermination d’Ambroise Croizat.

Face aux coups de boutoir contre le droit du travail, la protection sociale, les libertés individuelles, les progressistes, unis, doivent faire front. La Journée internationale de lutte pour les droits des travailleuses et des travailleurs, c’est notre histoire, celle du mouvement ouvrier, de ses combats, de ses conquis. Les réactionnaires en ont fait une cible, nous continuerons d’en faire un symbole. Comme un brin de muguet dans un champ de colères.

 

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« Le 1er mai incarne l’histoire de la lutte des classes, notre histoire », l’éditorial de Marion d’Allard.

Sans doute Gabriel Attal rêvait-il d’en faire un trophée. D’accrocher l’effacement du 1 er  mai au palmarès des régressions sociales. Mai...