Il en avait
pourtant fallu du temps pour que le monde regarde enfin en face
sa dépendance mortifère aux énergies fossiles et parvienne à acter –
timidement mais sûrement – la sortie progressive d’un extractivisme forcené. Le
premier jalon a été posé, sous l’égide de l’ONU, en 2023, lors de la COP climat, à Dubai. Ça ne s’invente pas. Signe de l’hypocrisie des
grandes puissances, l’accord pionnier est mort dans l’œuf.
À plus forte
raison aujourd’hui, l’actualité nous le rappelle froidement : la crise
climatique, ses conséquences destructrices et ses centaines de milliers de
victimes ne sont pas à l’agenda des priorités politiques. Sous l’impulsion
de Donald Trump, les États-Unis, premier pollueur au monde, étendent
partout leurs guerres impérialistes,
historiquement bâties sur l’accaparement des ressources naturelles. Pétrole et gaz en tête. « Drill baby
drill. »
On l’a vu
récemment. Au Venezuela comme au Groenland, Washington ne s’astreint même plus
à camoufler ses intentions. Donald
Trump met sa force de frappe et sa doctrine de politique étrangère au
service d’un double but unique : mettre la main sur les
richesses du sous-sol et contrôler les principales routes commerciales
mondiales. Tant pis pour la planète. Et tant pis pour les peuples.
En s’engageant
aux côtés d’Israël dans une guerre illégale contre l’Iran, les États-Unis,
certes différemment, poursuivent le même objectif. L’Iran est assis sur
des réserves colossales de pétrole, estimées à quelque
200 milliards de barils et le détroit d’Ormuz, contrôlé par Téhéran,
voit transiter 20 % de l’or noir mondial et 30 % des
engrais. Le chaos engendré par la
fermeture de ce point de passage stratégique est un puissant
révélateur.
L’envolée du
prix du baril, affiché ce lundi à 118 dollars – au plus haut
depuis 2022 et l’invasion de l’Ukraine par la Russie – menace l’économie
mondiale. Les Bourses dévissent, les spéculateurs jubilent et, à
la pompe, les prix explosent. Les plus précaires sont les premières
victimes de la flambée des prix des carburants. Comme ils le sont du
réchauffement climatique lui-même causé par l’extraction record de pétrole
et de gaz. Le capitalisme fossile brûle la planète et creuse le fossé
béant des inégalités. Il est urgent de changer de logiciel.

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