Édifices éventrés,
ruines fumantes, exode massif d’une population abasourdie par
les déplacements forcés, et désormais, une opération terrestre :
la guerre fait rage au Liban. Benyamin Netanyahou cherche, par le feu et le sang, à parachever la mise sous tutelle du pays du
Cèdre.
Les appels à la
raison du secrétaire général de l’ONU, la proposition d’Emmanuel Macron d’accueillir à Paris des
pourparlers laissent le premier ministre israélien de marbre. Il
étend son emprise et son projet d’occupation, sans aucun rappel à l’ordre, sans
l’ombre d’une menace de sanction.
Stratégie
de terreur et d’expansionnisme éprouvée à Gaza, qui subit
un implacable génocide, et dans les territoires occupés de
Cisjordanie où les colons, armés jusqu’aux dents, tuent et chassent de
leurs terres les Palestiniens. En un an, plus de 36 000 d’entre eux ont
été chassés de chez eux, dénoncent les Nations unies, qui
parlent d’« une expulsion massive d’une ampleur inédite ».
Au Liban, la
crainte de subir le même sort est palpable : bombardements
intensifs de structures civiles et sanitaires, présentées comme
des repaires du Hezbollah, mobilisation d’un demi-million de
réservistes sur le front nord, ordres d’évacuation intempestifs.
Cette nouvelle
guerre ravive aussi de biens douloureux souvenirs, lorsque à l’aube des années
quatre-vingt, Tel-Aviv assiégeait Beyrouth, annexant le sud du Liban où l’armée
israélienne sous la conduite d’Ariel Sharon a commis massacres et tortures.
Près d’un
demi-siècle plus tard, Israël sème de nouveau la mort et la désolation au
Liban. Benyamin Netanyahou a juré de faire mordre la poussière à la
milice chiite tandis que Donald Trump se charge de dévaster l’Iran. C’est
oublier bien vite que la politique de la terre brûlée a conduit à la création du Hezbollah en 1982 en réaction, justement, à l’invasion et à
l’occupation israélienne. Cette nouvelle épreuve du feu est un cauchemar pour
les populations civiles. Elle menace une vie politique et institutionnelle au
bord de l’effondrement. Et offre une caisse de résonance au discours du parti
de Dieu.

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