mercredi 18 mars 2026

« Benyamin Netanyahou étend son emprise et son projet d’occupation au Liban », l’éditorial de Cathy Dos Santos.



Édifices éventrés, ruines fumantes, exode massif d’une population abasourdie par les déplacements forcés, et désormais, une opération terrestre : la guerre fait rage au Liban. Benyamin Netanyahou cherche, par le feu et le sang, à parachever la mise sous tutelle du pays du Cèdre.

Les appels à la raison du secrétaire général de l’ONU, la proposition d’Emmanuel Macron d’accueillir à Paris des pourparlers laissent le premier ministre israélien de marbre. Il étend son emprise et son projet d’occupation, sans aucun rappel à l’ordre, sans l’ombre d’une menace de sanction.

Stratégie de terreur et d’expansionnisme éprouvée à Gaza, qui subit un implacable génocide, et dans les territoires occupés de Cisjordanie où les colons, armés jusqu’aux dents, tuent et chassent de leurs terres les Palestiniens. En un an, plus de 36 000 d’entre eux ont été chassés de chez eux, dénoncent les Nations unies, qui parlent d’« une expulsion massive d’une ampleur inédite ».

Au Liban, la crainte de subir le même sort est palpable : bombardements intensifs de structures civiles et sanitaires, présentées comme des repaires du Hezbollah, mobilisation d’un demi-million de réservistes sur le front nord, ordres d’évacuation intempestifs. 

Cette nouvelle guerre ravive aussi de biens douloureux souvenirs, lorsque à l’aube des années quatre-vingt, Tel-Aviv assiégeait Beyrouth, annexant le sud du Liban où l’armée israélienne sous la conduite d’Ariel Sharon a commis massacres et tortures.

Près d’un demi-siècle plus tard, Israël sème de nouveau la mort et la désolation au Liban. Benyamin Netanyahou a juré de faire mordre la poussière à la milice chiite tandis que Donald Trump se charge de dévaster l’Iran. C’est oublier bien vite que la politique de la terre brûlée a conduit à la création du Hezbollah en 1982 en réaction, justement, à l’invasion et à l’occupation israélienne. Cette nouvelle épreuve du feu est un cauchemar pour les populations civiles. Elle menace une vie politique et institutionnelle au bord de l’effondrement. Et offre une caisse de résonance au discours du parti de Dieu.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

« Le périscolaire, parent pauvre et méprisé du monde éducatif », l’éditorial de Laurent Mouloud.

Des enfants humiliés, frappés, abusés . Des parents meurtris qui réclament justice. Et des collectivités locales qui semblent dépassées. L...