C’est un séisme
dont les répliques peuvent refaçonner le monde pour le pire. Avec l’assaut de
ses commandos Delta qui ont kidnappé le
président vénézuélien, Nicolás Maduro, à Caracas, Donald Trump achève de démolir le fragile édifice de légalité
internationale bâti après 1945.
Ses
prédécesseurs s’étaient employés avant lui à le démanteler – coup d’États
militaires orchestrés par la CIA, invasion de l’Irak, soutien
actif à la guerre génocidaire d’Israël à Gaza. Mais un cap est
franchi avec l’opération « Absolute Resolve », un raid
militaire mal déguisé en opération de police, préparé par le déploiement de
l’armada états-unienne dans la Caraïbe et lancé sans même un mandat du
Congrès : le terrorisme d’État est assumé, les objectifs
de prédation revendiqués.
Depuis Mar-a-Lago,
le président des États-Unis a annoncé sans détour la curée
pétrolière, en s’adjugeant la propriété des réserves d’hydrocarbures
du Venezuela. Il n’est même plus
question d’exporter la « démocratie » : si la Maison-Blanche viole ainsi les
droits d’un État souverain, ce n’est pas pour faire valoir une quelconque
volonté populaire, mais pour administrer directement le
pays. Jusqu’à la « transition appropriée » voulue par
Trump, le temps de mettre en piste un gouvernement fantoche.
L’argument de
la lutte contre le « narcoterrorisme » ne mérite pas même que l’on
s’y arrête – il est grotesque, employé par celui qui vient
de gracier l’ex-président hondurien Juan Orlando Hernandez,
baron de la drogue et fidèle allié de Washington.
Cette
opération criminelle, illégale, arbitraire, ravive la doctrine Monroe
qui prêche une tutelle stricte sur tout le continent, de
l’Alaska à la Terre de Feu. Dans sa
version « America first », il s’agit de barrer la route
à la Chine – déjà visée avec les promesses d’annexion de Panama
pour y prendre le contrôle du canal.
La menace est explicite, proférée
sur un ton ordurier : d’autres suivront s’ils ne se plient pas aux
intérêts états-uniens : Cuba, la Colombie, le Mexique, le Brésil. Et
demain, d’autres encore, car le monde de Trump, celui de l’internationale
néofasciste qu’il parraine, est un monde sans règles, où règnent seules la loi
du plus fort et celle des pétrodollars. Macron approuve. C’est
irresponsable, insensé. Le coup d’État de Caracas est un
avertissement lancé à tous : l’impérialisme du XXIe siècle,
c’est l’enterrement pur et simple du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

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